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Jean-Michel Lattes (UDI): « Jean-Luc Moudenc a changé »

Jean-Michel-Lattes-et-Jean-Luc-Moudenc.jpgL’universitaire et juriste est l’ami intime du candidat UMP à la mairie de Toulouse et son porte-parole pour cette campagne électorale. Entretien.

Dans le premier cercle de Jean-Luc Moudenc, vous êtes celui qui le connaissez le mieux. En quoi le candidat de 2014 est-il différent du maire de 2008 ?
Jean-Luc Moudenc a changé et je situe cet acte fondateur à la défaite de 2008. Beaucoup disaient qu’il ne valait plus rien. Cinq ans plus tard, il est redevenu l’atout de notre famille politique, l’acteur incontournable. Il y a eu les législatives, certes, qui lui ont donné un mandat national l’année dernière. Mais avant cela, l’échec avait ramené cet homme aux fondamentaux : le travail, le terrain et la force d’une équipe. Pendant cinq ans, son association Toulouse Avenir, forte de 16 commissions, a travaillé. C’est aussi une cohésion d’équipe formidable qui est née de cette expérience. Là réside un vrai changement. Jusqu’à peu, on considérait, à droite, qu’une personnalité devait incarner nos chances. C’est l’exemple Baudis. Jean-Luc Moudenc est persuadé que c’est différent aujourd’hui et que l’air du temps est à l’équipe. Fort de cette certitude, c’est un homme qui s’est mis à écouter bien plus qu’autrefois. Fort de tout cela, je pense que jamais notre camp ne s’est jamais aussi bien préparé avant une échéance électorale et j’ai hâte d’être à janvier pour que l’on puisse rendre compte de ce formidable travail en dévoilant notre projet.

Quels seront les grands thèmes de ces municipales ?
Les grands classiques : la sécurité, les transports, la vie quotidienne en général. À 99 %, les Toulousains que nous rencontrons en ville nous font d’ailleurs valoir leurs attentes sur ces sujets. Jean-Luc Moudenc le mesure parfaitement et notre projet municipal sera bâti en conséquence.

Pierre Cohen n’hésite pas à traiter Jean-Luc Moudenc de « ringard » pour sa vision de Toulouse. Que vous inspire cette critique ?
Il n’y a jamais rien de ringard dans un débat politique. Et si être ringard, c’est ne pas casser Toulouse à coup de bulldozer dans tous les sens, alors nous sommes ringards ! Avec Jean-Luc Moudenc, nous sommes sur une réflexion qui tient compte de tous les éléments que Pierre Cohen délaisse. Un exemple : dans sa politique urbaine pour le centre-ville, dont l’objectif n’est pas à remettre en cause, Pierre Cohen ne tient en revanche pas compte de la diversité des populations du centre-ville. On sort les voitures du centre mais quid des personnes vieillissantes, handicapées et des familles ? Ces problématiques ont du sens. Et je laisse volontiers le soin à Pierre Cohen de les qualifier de ringarde. Les Toulousains apprécieront.

Et si en vous traitant de « ringard », Pierre Cohen estimait surtout que votre projet manquera plus que le sien de perspectives ?
Notre projet municipal intégrera et discutera évidemment de tous les grands sujets qui occupent l’avenir d’une métropole. Mais il est certain que l’axe majeur des élections municipales sera le quotidien des gens.

« Nous ne renonçons pas au métro»

Sur la très attendue thématique des transports, quelle vision différente de celle de Pierre Cohen, êtes-vous capable de mettre en œuvre ?
À l’inverse de Pierre Cohen, qui n’a rien fait de ce qu’il avait dit pendant sa campagne électorale de 2008, nous donnerons du sens. Nous n’inventerons pas une ligne de tramway la deuxième année du mandat. D’un point de vue plus stratégique, notre approche est différente de celle de Pierre Cohen. La sienne tend à faire converger l’ensemble de son offre en transport vers Matabiau et générer un énorme nœud multimodal. Nous, on considère qu’il faut au contraire créer plusieurs nœuds d’intermodalité. Nous considérons aussi que chaque moyen de transport incarne un moyen technique et que le métro convient davantage au centre-ville, comme le tramway convient davantage à la première couronne de la métropole et que le BHNS est à privilégier en deuxième couronne.

J.-L. Moudenc est-il capable de proposer une troisième ligne de métro pour Toulouse ?
Nous ne renonçons à aucun système y compris le métro et nous aurons des innovations à présenter comme nous saurons capable d’être innovant dans toutes les autres thématiques.

Serez-vous innovant sur le sujet de la sécurité en ville, thème par lequel la droite s’est toujours distinguée ?
Oui, la sécurité ne se résume pas aux caméras de vidéo-surveillance. Depuis cinq ans, la commission ad hoc de Toulouse Avenir a reçu une foule d’experts et dressé un panorama de ce qui se fait ailleurs en France. On aura donc un projet complet couplant volet répressif et volet social. On veut être impérativement au rendez-vous de ce sujet fondamental pour les Toulousains et sur lequel Pierre Cohen a un très mauvais bilan.

« J’ai peu de doutes sur la volonté de Pierre Cohen de faire monter le Front national »

Faites-vous partie de ceux qui considèrent que l’absence de politique en matière de sécurité à Toulouse concourt à faire monter le FN ?
Son bilan est plus que pauvre alors que l’arsenal juridique qui est à disposition d’un maire, premier magistrat de sa commune rappelons-le, est conséquent. Certains maires socialistes répondent bien sur cette thématique de façon à contrer le FN mais pas Pierre Cohen. J’ai peu de doutes sur sa volonté de faire monter le FN comme Mitterrand a su le faire. Depuis quelques mois, on perçoit une stratégie portée intégralement par François Briançon, son directeur de campagne, et consistant à renforcer le repli électoral vers l’extrême-droite. Il est évident que pour les socialistes, une troisième liste au second tour serait un avantage. Voter FN au premier tour, c’est voter Cohen car une triangulaire participerait grandement à ses chances de réélection.

Un sondage Ipsos publié pour le JDD et Sud Radio l’atteste, donnant Pierre Cohen vainqueur dans le cas d’une triangulaire. Toutefois ce même sondage assure que Pierre Cohen serait réélu avec 54 % des voix en cas de duel avec Jean-Luc Moudenc. Déçu ?
Notre chiffre ne me perturbe pas et si l’on prend tous les sondages publiés avant haque élection, on constate que cette avance n’est absolument pas rédhibitoire. C’est un écart classique entre un maire sortant et son challenger et je vous propose d’attendre notre projet dévoilé en janvier pour reprendre le pouls des Toulousains ! Je fais surtout deux autres constats à la lecture de ce sondage : d’abord que le FN arrange vraiment les affaires de Pierre Cohen comme je viens de le dire mais aussi que le candidat du centre est Jean-Luc Moudenc et pas Christine de Veyrac.

L’UDI donnera d’ailleurs bientôt son soutien à J.-L. Moudenc. Christine de Veyrac ira malgré tout jusqu’au bout ?
Pour pousser une candidature jusqu’au bout d’une élection municipale dans la quatrième ville de France, il faut des dimensions qui échappent sans doute à Christine de Veyrac.

La Voix du Midi

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