Les jours qui précèdent une session plénière de l'assemblée départementale ressemblent à la pesée avant un match de boxe. Prenant le public (l'opinion publique) à témoin, les protagonistes dévoilent leurs atouts et préviennent de leur combativité. Avant la prestation du président socialiste, Georges Labazée devant la presse ce matin, c'est Jean-Jacques Lasserre, président du groupe centriste d'opposition (Forces 64) qui s'est exprimé hier.
L'élu du canton de Bidache n'est pas d'humeur belliqueuse. « Je n'adopterai pas de ton polémique ni inutilement critique. » Il constate cependant que les annonces des socialistes n'ont toujours pas, selon lui, été suivies d'effets que ce soit en matière sociale, d'aménagement du territoire, de contrats communautaires, de résorption du désert médical, sur la politique du logement ou des maisons de retraite.
« Nous attendons des signes d'une vraie politique départementale », a précisé le leader MoDem, qui déplore un alignement systématique du nouvel exécutif départemental sur les choix du conseil régional. Jean-Jacques Lasserre cite à l'appui de son analyse la disparition de la maison des Pyrénées à Paris, la politique linguistique ou le dossier de la LGV.
Il montera au créneau, vendredi à l'occasion d'un dossier sur ce thème. L'assemblée départementale est sollicitée pour avis par le préfet de région sur la traversée du Pays basque. « Il n'est pas opportun de répondre à une question qui n'est pas majeure, surtout qu'on n'a pas d'indication sur le tracé définitif. La question essentielle de la LGV, c'est la desserte de Pau », martèle l'opposant regrettant que le département ait « rendu prématurément les armes », en s'engageant à financer la partie Tours-Bordeaux sans garantie de réciprocité pour la ligne au sud de Bordeaux. Il se dit en tout cas prêt « à collaborer activement avec la nouvelle majorité sur l'échafaudage de solutions » pour accélérer l'arrivée de la ligne.
Un autre thème de discorde est lié à un dossier qui prévoit de diminuer en 2013 l'aide départementale aux communes pour les travaux d'adduction d'eau potable et d'assainissement. Le niveau d'aide passerait de 35 à 25 %. « Nous aurons un débat là-dessus. Ce serait une erreur grave d'abandonner cette responsabilité essentielle, lorsque l'on voit les enjeux liés à la qualité de l'eau », prévient encore Jean-Jacques Lasserre.
Ce dernier déplore encore un manque de visibilité concernant l'administration départementale : « Il serait bien que les élus soient informés des multiples changements intervenus dans la nouvelle organisation. » Enfin, le chef de file de « Forces 64 » regrette que l'exécutif n'ait désigné que des militants socialistes comme personnalités qualifiées appelées à siéger dans les conseils d'administration des collèges : « Je souhaite que cette assemblée ne prenne pas les chemins d'une politisation excessive. »
La République des Pyrénées