Candidat à sa succession, le Divers gauche Guy Saint-Martin mène peut-être son dernier combat politique. Il explique les grandes lignes de son refus de la LGV. «Moi, la LGV je n'en veux pas. C'est pour ça que je m'engage. À 76 ans, après quarante ans de vie politique, ça va ! Le candidat socialiste, Christian Dézalos, que j'apprécie particulièrement - je l'ai installé à ma place à la mairie de Boé, je présidais son comité de soutien l'an dernier aux régionales - a dit qu'il soutiendrait une gare LGV à Layrac. Moi je ne veux même pas de la LGV. »
Guy Saint-Martin ne transige pas. Ancien socialiste, aujourd'hui Divers gauche, il est candidat à sa succession. « Ce n'est pas un déshonneur d'être battu. Le déshonneur aurait été de ne pas me mobiliser, clame-t-il. Je ne pars pas favori. Je n'ai en face de moi que des concurrents. Il n'y a pas de primaire à gauche entre Dézalos et moi. Au soir du 1er tour, je ferai mon analyse. Si j'arrive en troisième position ou s'il y a un quelconque danger pour que le futur conseiller général ne soit pas de gauche, je me retirerais. »
Payer quatre fois
L'heure est au combat, plutôt à son engagement pour que le projet LGV ne voit pas le jour. « Je rejette la LGV pour trois raisons principales. Elle ne ferait que renforcer la métropolisation de Toulouse et de Bordeaux. Qu'apporteraient six ou sept TGV (sur 16 ou 17 passages quotidiens) en Agenais au lieu d'un seul aujourd'hui… en gare d'Agen. Car la gare TGV serait située à environ 15 km du centre d'Agen. Il faut penser au trajet jusqu'à Agen. Et cette gare ne ferait qu'accentuer le déplacement du centre-ville agenais vers le sud !
« Deuxièmement : pourquoi dépenser 6 milliards d'euros pour gagner un quart d'heure, hors centre-ville d'Agen, sinon faire payer quatre fois le contribuable agenais ? Car les collectivités - agglomération, Conseil général, Conseil régional et État - paieront chacune 25 %, sans oublier une partie du segment Tours-Bordeaux. Je rappelle que c'est l'ancienne majorité départementale, en 2007, qui a pris cette décision. »
Réhabiliter la ligne actuelleLa troisième raison invoquée par Guy Saint-Martin concerne « le désastre environnemental : quid des maisons, terres, exploitations ? Ce projet LGV ne porte en lui aucune essentialité entre les deux têtes de pont que sont Bordeaux et Toulouse. Et quand on constate les difficultés actuelles rencontrées sur les lignes SNCF en matière notamment d'horaire, je crois que la priorité est ailleurs ».
« Je suis favorable au réaménagement, voire à la restructuration de la ligne actuelle. Cela entraînerait des économies substantielles. Quand on sait que ce projet doit se réaliser via un partenariat public privé. Le public paiera et le privé, c'est-à-dire les grandes entreprises, passeront à la caisse. Je dénonce cet aspect politique et capitalistique. »
Outre la LGV, le second engagement fort de Guy Saint-Martin implique le seuil de Bauregard. « Là, tout le monde est d'accord pour qu'il soit réhabilité. Et dire que l'État ne s'y intéresse plus depuis quarante ans. Simple réhabilitation ou création d'une micro-centrale avec énergie renouvelable ? Je vois dans ce sens jeudi (demain), une entreprise bordelaise. »
Le Sud Ouest du 160211