Au mariage pour tous, Juppé préfère une union civile. Il est aussi hostile à la PMA. Face à ce débat, il souhaite que les Français soient consultés. lain Juppé, le maire de Bordeaux, profitera-t-il de la visite de François Hollande ce jeudi à Talence et à Latresne en Gironde pour lui faire part de son hostilité à l'égard du mariage pour tous que défend le gouvernement. Comme il le rappelle dans une note publiée sur son blog ce jeudi, plutôt que d'instituer le mariage pour tous, il se prononce "en faveur de cette reconnaissance sous la forme d’une union civile inscrite dans le code civil et ouverte, dans les mêmes conditions, aux couples homosexuels et aux couples hétérosexuels."
"Je pense, ajoute-t-il, que la notion et le mot de mariage dont la charge historique et culturelle est très forte devraient être réservés à la sphère religieuse et privée."
Ce texte étant loin de faire l'unanimité, Alain Juppé propose l'organisation d'un referendum pour trancher cette question. "Si le pouvoir en avait la volonté politique, écrit-il, l’organisation d’un referendum ne se heurterait à aucun obstacle juridique insurmontable et permettrait de donner la parole à tous les Français."
Parallèlement à cette question du mariage, Alain Juppé se montre également sceptique sur les différents amendements qui pourraient enrichir cette loi. En particulier, concernant les droits parentaux des couples homosexuels, l'adoption et la procréation médicale assistée.
"Autoriser l’adoption directe d’un enfant par un couple homosexuel, indique-t-il, gommer de notre code civil les notions de père et mère, y substituer celles de parent 1 et parent 2, instituer un “droit à l’enfant” par la procréation médicalement assistée banalisée et même la gestation pour autrui qui n’est rien d’autre qu’une forme de commerce du corps humain, tous ces bouleversements constitueraient une véritable révolution anthropologique dont les conséquences de long terme sont incalculables. C’est pourquoi j’y suis hostile."
Pour autant, Alain Juppé ne prendra pas part à la manifestation des anti-mariage pour tous samedi. "Il est légitime, souligne-t-il, que les Français usent de la liberté de manifester - l’un des droits fondamentaux en démocratie - pour défendre leurs opinions. Je n’ai pas, pour ma part, la culture des cortèges."
Le Sud Ouest