Une semaine après l'ouverture des Assises ferroviaires, l'état major de la SNCF a sonné la charge contre l'organisation institutionnelle du système ferroviaire née de la création de Réseau ferré de France (RFF) en 1997, le gestionnaire des infrastructures. L'Etat pourrait trancher d'ici à début 2012.
Devant la presse réunie en séminaire à Reims le 21 septembre 2011, Guillaume Pepy (photo) a été clair : "La solution, c'est la réunification du réseau. Chez nous, il y a celui qui dit, Hubert du Mesnil, patron de RFF, et de l'autre, celui qui fait, Pierre Izard, patron de SNCF Infra. Et cela n'est pas fiable".
Mauvaise coordination des travaux, lourdeurs dans l'exécution, surcoûts, tels sont, pour Guillaume Pepy, les symptômes de la crise du système.
Loin d'apaiser l'éternelle guéguerre entre RFF et la SNCF, Pierre Izard n'a pas mâché ses mots : "Trop c'est trop. Ce que j'entends m'agace. L'idée s'est répandue que les coûts de maintenance sont une des causes de tous les maux. C'est ressenti comme une injustice par les 37 000 agents qui sont à la recherche de l'équilibre technico-économique", a t-il lancé.
Selon lui, une comparaison internationale placerait la France dans une moyenne honorable en termes de coût de maintenance. Il a concédé que la mise en place d'un plateau commun entre RFF et la SNCF avait ces derniers temps permis des progrès notables dans la planification des travaux.
A l'anglaise, à l'allemande, à l'espagnole ou à la suédoise ?
Quelle solution la SNCF préconise-t-elle ? Pour David Azéma, les pouvoirs publics devront se déterminer à l'issue des Assises entre le modèle désintégré à l'anglaise et le modèle intégré à l'allemande ou la gestion du réseau est du ressort de DB Netz, filiale de la holding DB, en charge des infrastructures ferroviaires.
C'est bien évidemment en faveur de cette option que penche Guillaume Pepy. En clair, explique l'un de ses proches, RFF conserverait la seule conduite de la construction des nouvelles infrastructures ferrées et la gestion de la dette. Si le Pdg de la SNCF assure qu'"Hubert du Mesnil partage son avis" sur la réunification du réseau ferré, le gestionnaire de ce dernier n'épouse pas du tout la solution de la SNCF.
RFF plaide pour le modèle espagnol ou suédois ou le gestionnaire du réseau détenu par l'Etat est totalement indépendant de l'opérateur ferroviaire
D'ici à décembre, échéance des Assises, chacun va donc pousser ses pions. Reste à savoir qui de RFF ou de la SNCF comptera le plus d'appuis auprès des pouvoirs publics et des élus.
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