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Future LGV : du bruit mais pas trop

TGV 1253Et j'entends passer le train. La chanson va être remise au goût du jour dès 2017 pour les riverains de la future ligne à grande vitesse. Lundi, se tenait dans une salle multimédia comble une réunion publique sur les nuisances sonores de la LVG dont les travaux vont bon train. Les techniciens de Coséa (promoteur du chantier) connaissent tellement bien leur partition qu'au sortir du débat apaisé, on aurait presque pu croire que le TGV amènerait de la tranquillité. Qu'il y aurait moins de bruit avant qu'après. En tendant bien l'oreille, on a perçu quelques bémols à la petite musique jouée avec maestria par les communicants de Coséa aux violons parfaitement accordés.

En effet, les chiffres donnés ne sont que des prévisions faites dans les règles de l'art mais ne pouvant remplacer les mesures effectuées quand la ligne sera effectivement en service. Les résultats de ces calculs savants sont dans les normes (moins de 60 décibels le jour, moins 55 décibels la nuit) mais sont pensés sur une moyenne. Aucun élément n'a été donné sur le passage d'un train. « C'est impossible techniquement… »
Juste fut évoqué une estimation à la louche de 75 décibels par TGV. En manque d'exemples audibles, l'assistance trouva des éléments de comparaisons utiles : 50 décibels correspondent au fond sonore d'une salle de restaurant tranquille, 60 décibels à une auto sur une route, 70 à une salle de classe, 80 au bruit continu d'une rue à fort passage… 130 à un avion au décollage
Un riverain agacé eut ce bon mot à propos des études liminaires. « Dans le dossier, il y a 50 pages sur les grenouilles… Mais sur le bruit que dalle ! »
Objectivement, les tenants du projet ont avancé des arguments que les riverains peuvent entendre : « Seulement 2/5 du trafic quotidien au maximum de l'exploitation (66 trains dans les deux sens) concernera la commune qui est presque en totalité en remblais ce qui est un avantage en matière acoustique. Sur les lignes TGV, il n'y a pas de raccord ce qui supprime le fameux " clac-clac " lancinant des lignes classiques. »
Reste que le budget contraint ne permet pas l'édification de murs antibruit aux points sensibles. La proposition conjointe mairie-Coséa de réduire de 20 à 10 mètres la largeur d'un passage à gros gibiers, pour dégager des marges de manœuvre, apparaît cohérente. Mais jusqu'alors l'État fait la sourde oreille.

La Nouvelle République

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