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Êtes-vous inquiet quant au devenir du dossier LGV ?

TGV_923.jpgAprès la politique, le député-maire d'Agen aborde l'état des finances de la ville, griffe au passage Alain Veyret, et évoque l'importance d'une grande agglomération. « Sud Ouest ». Vous avez lancé beaucoup de travaux, des Agenais s'inquiètent de l'état des finances municipales : qu'en sera-t-il à la fin de votre actuel mandat ?

Jean Dionis du Séjour. Notre stratégie est claire. Et je pense qu'elle est bien perçue par les Agenais. Nous veillons comme la prunelle de nos yeux sur la capacité d'épargne de la ville. Notre endettement est de 30 millions d'euros, soit bien en dessous de la moyenne des villes de même importance. Il faut apprécier le fait qu'une année de budget de fonctionnement pour notre commune s'élève à un peu moins de 40 millions d'euros. Nous nous sommes engagés à ne pas augmenter les impôts communaux - foncier bâti et taxe d'habitation - qui sont déjà très élevés. Notre prédécesseur les a augmentés de 27 % en 2003. Essayez donc ensuite de faire revenir des habitants dans le centre-ville quand les impôts des communes périphériques sont moindres…

Vous visez donc Alain Veyret ?

En 2008, nous avons pris une mairie qui fonctionnait avec une gestion atypique, que j'appellerai '' sociale pépère''. Outre la hausse de 27 % des impôts, les dépenses du personnel étaient passées de 14 à 20 millions d'euros. En parallèle, s'il y a peu eu de réalisations en terme d'investissement, ce dont nous avons profité, la marge de manœuvre en fonctionnement était réduite. Nous avons décidé de sonner le réveil d'Agen.

Pourquoi insistez-vous autant pour que la Communauté de communes du canton de Laplume-en-Bruilhois rejoigne de suite la Communauté d'agglomération d'Agen que vous présidez ?

C'est un enjeu majeur pour tous les habitants. Cette fusion permettrait la mise en place d'une forte synergie, notamment de meilleurs services pour le même niveau fiscal. Nous pourrions créer ensemble un développement économique plus riche en emploi que celui qui existe à ce jour. Actuellement, les recettes fiscales proviennent de la rive droite à 80 %. C'est le même pourcentage pour la population. Mais c'est la rive gauche qui possède le potentiel de développement, les infrastructures et les domaines stratégiques. Les deux rives sont condamnées à se rejoindre. C'est même une obligation. Si le préfet acte cette fusion à la fin de l'année, nous aurons tout 2012 pour la réaliser. C'est une grande affaire. Elle scellerait l'unité agenaise.

Vous paraissez très confiant quant à cette unité ?

Je pense aux anciens qui ont réalisé l'agglomération qui, de 7 communes en 2008, est passée à 19, avec des compétences élargies. En 2008, une nouvelle génération d'élus est arrivée avec une ligne directrice claire : '' On y va, on fait l'Agglo''. De 77 000 habitants nous allons vite atteindre 100 000. Quand on sait qu'il a fallu attendre 40 ans pour avoir une rocade et qu'aujourd'hui on parle de LGV, d'une deuxième gare, d'un second échangeur autoroutier… c'est la vision d'Agen 2020. Hé oui, je comprends que ça bouscule les gens !

Êtes-vous inquiet quant au devenir du dossier LGV ?

Une fois que l'on a dit qu'il était impératif de connecter Toulouse avec Paris et que Toulouse est la vraie capitale du Sud de la France… Ni un gouvernement de droite ou de gauche n'y renoncera. Notre vrai travail est de faire profiter au maximum le Lot-et-Garonne des retombées liées à la LGV. Il faut aussi se bagarrer avec RFF pour le patrimoine paysager mais aussi indemniser correctement les gens qui devront l'être.

Que dites-vous aux anti-LGV ?

Je comprends que les gens qui auront leur maison traversée par la ligne soient bouleversés. Je comprends moins ceux idéologiquement opposés au TGV. Si on veut diminuer le trafic routier et aérien et leurs nuisances.

Reste que je prends beaucoup de temps à écouter les anti-LGV. Et je suis sûr, même qu'ils détiennent une part de vérité, notamment sur le coût de construction d'une nouvelle ligne. Laquelle me paraît incontournable. Les anti-LGV, de par leur action, peuvent amener un double changement : celui du calendrier et celui des gens qui planchent sur le dossier lors des tours de table.

Le Sud Ouest

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