"Chers Amis, Veuillez trouver ci-après le compte rendu de la réunion d'information du mercredi 12 mai 2010. Bien amicalement" Chantal Dounot-Sobraques, Secrétaire départementale de l'UMP
Compte-rendu de la réunion d’information du mercredi 12 mai 2010
Présidée par Chantal DOUNOT, la réunion s’est tenue à Toulouse, salle Osète, mercredi 12 mai de 18h30 à 20h30 en présence d’un expert des questions sociales en la personne de Michel LAGES, directeur honoraire de la CRAM Midi-Pyrénées. Excusée, Christine de VEYRAC était représentée.
La réunion a rassemblé un large public venu de tout le département, parmi lequel on comptait des nombreux Jeunes Populaires, Marie DEQUE (conseillère régionale) ainsi que trois délégués de circonscription Marie-Hélène MAYEUX-BOUCHARD (1ère), Roland CHAVANETTE (4e) et Jean-Paul ESCUDIER (5e).
La réunion a permis de revenir sur les enjeux de la réforme voulue par le Président de la République et le Premier Ministre (1), de faire le point sur les principales préoccupations et réflexions des adhérents et sympathisants (2) et de dégager des préconisations (3 et 4).
1. Etat des lieux :
- un système de retraite par répartition qui constitue un des éléments constitutifs du contrat social intergénérationnel et qui, en dépit de sa complexité et de multiplicité des régimes, a permis aux seniors d’élever considérablement leur niveau de vie (équivalent aujourd’hui à celui des actifs)
- un financement des retraites en péril du fait de l’arrivée à l’âge de la retraite des générations nombreuses nées après-guerre (le papy boom), de l’allongement de l’espérance de vie et de la détérioration du ratio cotisants/retraités (4 cotisants pour 1 retraité en 1960, 1,8 cotisant pour 1 retraité aujourd’hui, 1,5 cotisant pour 1 retraité en 2020) occasionné par la persistance d’un niveau élevé de chômage et des taux d’emploi des jeunes et des seniors insatisfaisants
- des déficits (tous régimes confondus, public/privé, général/complémentaire) qui se creusent (25 milliards en 2010) : 1 retraite sur 10 n’est pas financée aujourd’hui ; 1 sur 6 ne le sera pas si rien n’est fait (rapport du Conseil d’Orientations des Retraites, avril 2010)
- les différents paramètres que l’on peut actionner pour réformer le système : durée de cotisation, assiette de cotisation, taux de cotisation, âge légal de départ, taux d’activité, création de ressources nouvelles
- retour sur les différentes réformes mises en œuvre depuis 1990 – Balladur (1993), Fillon (2004), Bertrand (2007) – qui ont permis de régler une partie des problèmes... mais pas d’assurer la sauvegarde du système à long terme.
2. Des préoccupations/réflexions partagées par tous les intervenants...
- un attachement fort au système de retraite par répartition, socle du contrat social intergénérationnel, en même temps qu’un soutien résolu à la volonté réformatrice affichée par le Président de la République et le Premier Ministre
- la volonté de maintien du niveau des pensions
- la réaffirmation de la nécessaire convergence/harmonisation entre retraites du privé et retraites du public, visant en particulier la question de la définition du salaire de référence servant de base au calcul des pensions (25 meilleurs années dans le privé/6 derniers mois de traitement hors prime dans le public)
- l’acceptation de l’allongement de la durée de travail (63-65 ans), à l’image de la majorité des Français (Cf. sondage CSA pour le Cercle des épargnants publié dans La Tribune du 18 mai) mais le refus net de travailler jusqu’à 70 ans
- le souci que la question de la pénibilité/dangerosité soit justement prise en compte
- la réaffirmation de la nécessaire revalorisation des petites retraites, en particulier des retraites agricoles
- le souci que la réforme soit équitable (partage des efforts à consentir entre toutes les catégories de la population) et durable
- le souci que le coût du travail ne soit pas alourdi par d’éventuelles hausses des cotisations afin que soit préservée la compétitivité des entreprises (préoccupation majeure des représentants du monde économique)
- l’indispensable amélioration de la place des jeunes et des seniors dans l’entreprise
- la volonté que la réforme soit menée sans précipitation (prendre le temps comme en Suède où la réforme a pris 15 ans), dans la transparence (« jouer carte sur table ») et avec pédagogie (expliquer les enjeux sans dramatisation excessive).
3. ... des préconisations qui ont semblé faire l’unanimité...
- demander aux experts de proposer différents scénarii qui seront arbitrés par le Gouvernement et les parlementaires
- combiner recul de l’âge de la retraite (63-65 ans sauf pour les métiers pénibles pour lesquels il convient de maintenir le départ à 60 ans) + allongement de la durée de cotisation afin de trouver la meilleure architecture du système (Cf. propositions du COR et du Gouvernement)
- agir de façon déterminée en faveur de l’amélioration du taux d’emploi des jeunes (via l’apprentissage et les contrats de professionnalisation) et des seniors (via une politique de formation continue ciblée en faveur des plus de 45 ans actuellement exclus de fait des formations, une révision du dispositif du cumul emploi/retraite et la mise en place d’un tutorat senior/jeune)
- ne pas s’interdire d’instaurer des prélèvements supplémentaires par exemple sur les revenus du capital (comme l’a suggéré le Président de la République lors du sommet social de l’Elysée le 11 mai), d’amender le bouclier fiscal et d’élargir l’assiette des prélèvements, le tout sans augmenter les taux de cotisation
- aligner progressivement le régime du privé sur celui du public en matière de calcul du salaire de référence
- exiger l’exemplarité de tous, y compris des parlementaires
- positiver la réforme (les seniors sont une « chance » pour notre pays, non une « charge » ; ce n’est pas une réforme de droite ou de gauche mais une réforme de bon sens et de responsabilité)
- faire la chasse aux abus (rachat de trimestres, frais de fonctionnement excessifs de certains organismes...).
4. ... et d’autres plus iconoclastes
- améliorer la gouvernance du système de retraite et réaffirmer la place de l’Etat via, par exemple, la création d’un secrétariat d’Etat (ou d’un ministère) dédié spécifiquement au chantier des retraites
- créer une caisse de retraite dédiée à la gestion des retraites des fonctionnaires d’Etat (gage de transparence et de visibilité)
- instaurer un prélèvement sur les gains dans les casinos (fréquentés essentiellement par des seniors) et les jeux en ligne.