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Cinq ans pour faire sauter le bouchon ferroviaire

TGV_647.jpgRéseau ferré de France s'attaque à la mise en deux fois deux voies à partir de La Benauge. Mais le dispositif antibruit est contesté par des riverains et les élus cenonnais.

Quel est le tarif pour passer de deux à quatre voies ferrées sur une longueur légèrement supérieure à 2 kilomètres ? Réseau Ferré de France (RFF) répond cinq ans de travaux et 250 millions d'euros. Autant que pour la première tranche de l'opération « suppression du bouchon ferroviaire au Nord de la gare Saint-Jean » ayant consisté à construire un pont sur la Garonne, élargir le faisceau ferré, allonger les quais. Ça c'est fait.

Il s'agit maintenant de prolonger la mise à deux fois deux voies entre la Benauge, dont la gare emblématique vit ses derniers jours, et la bifurcation de Cenon. La semaine dernière, dans les locaux de RFF, Bruno de Monvallier, le directeur régional Aquitaine Poitou-Charentes a bien évoqué les échéances (incertaines) pour le financement de la LGV Tours-Bordeaux mais à ses yeux il convient de faire comme s'il était acquis. « Les travaux de suppression du goulet d'étranglement doivent être achevés pour la mise en service de la LGV en 2016. »

Une estacade sur 1,5 km

La complexité de cette deuxième tranche est liée à l'étroitesse du fuseau actuel notamment dans la partie cenonnaise. Aujourd'hui, la quarantaine de maisons que RFF a acquise (à l'amiable) pour libérer l'emprise est démolie. « La construction d'une estacade sur une longueur d'environ 1,5 kilomètre débutera en septembre », indique le directeur régional. Cet ouvrage d'art, en béton, d'une largeur de 10 mètres, consiste à hisser les deux nouvelles voies à la même hauteur que les deux existantes, posées sur un remblai conséquent.

RFF indique que les travaux de déviation des réseaux sont déjà bien entamés. Vu de La Benauge et de Cenon, les riverains se disent que le pire est à venir. Ce n'est pas pour rien que M. Monvallier évoque « la question très sensible des murs antibruits ». « Partout où c'est possible, on commence par la pose de ces murs car ça permet de protéger les riverains des nuisances causées par les travaux ». Et par les trains que les prévisions voient au nombre de « 480 à horizon 2030 » par jour, contre 180 aujourd'hui.

« Nous avons répondu à une partie importante des demandes, tente de rassurer RFF. Nous avons obligation de résultat de sorte que si les mesures effectuées après la pose des protections ne sont pas conformes à la législation, il faut s'y plier ». Une hypothèse à laquelle ne croit pas Mathieu Barsacq, le chef de projet indiquant que les murs antibruit représentent un tiers des 250 millions.

Vibrations

« Il est prévu une paroi de part et d'autre des 2 kilomètres et une autre sur la bande centrale, d'une hauteur de 2 mètres en général ». Excepté à hauteur de l'entrée de Cenon où la résidence Henri-Sellier, propriété de Domofrance, est au centre de tensions entre l'aménageur, et un front composé de la municipalité et d'associations de protection de riverains.

La tour la plus proche sera à 13 mètres de la nouvelle voie. L'aménageur a prévu de doubler la hauteur du mur antibruit et de réaliser une protection de façade sur les 3 derniers étages. Une disposition prise à des degrés divers sur les deux autres tours. Les garanties apportées aux associations par RFF lors des comités de suivi ne suffisent pas, municipalité et associations redoutent que les vibrations causées par les trains accélèrent la dégradation des immeubles et du confort de vie.

Le Sud Ouest du 090411
 
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