Le marché de la signalétique sur tout le tracé a été décroché par une grosse entreprise d'insertion de la Vienne, qui déléguera la partie charentaise à l'AAIE de Hiersac.
Pour décrocher quelques-uns des marchés liés à l'énorme chantier de la LGV, les structures d'insertion par le travail se serrent les coudes. Avec, déjà, un premier fruit : le marché de la signalétique sur tout le tracé a été décroché par l'entreprise d'insertion de la Vienne, Eive, qui sert d'interlocuteur unique vis-à-vis de Coséa. Charge à elle, ensuite, de prendre des sous-traitants, toujours dans le domaine de l'insertion par le travail, évidemment, dans chacun des départements traversés.
En Charente, c'est l'association d'Hiersac AAIE, plus connue sous le nom Les Jardins de Cocagne (proposant une insertion par le travail dans les métiers de l'environnement) qui assurera ce travail, du 1er au 15 août, explique sa directrice, Claudine Desprat.
Autre piste : le reboisement
« Je suis sur une autre piste : un chantier de reboisement de 90 hectares. Mais nous allons passer par Alesie, car tout seul, ce n'est pas jouable », explique-t-elle.
Alesie est une structure (associative) qui regroupe des entreprises d'insertion et des chantiers d'insertion sur le Grand-Angoulême et un peu au-delà. On y trouve AC2I, un sous-traitant de Leroy-Somer, le chantier d'insertion des Restos du cœur (maraîchage), Cuisines du monde (activité traiteur et restaurant de Nautilis), l'agence d'intérim d'insertion Intérim 16, Envie 2E, qui fait du recyclage de déchets électroniques, Revi +, un spécialiste de la collecte de déchets de santé, Inter 3B, une association intermédiaire du barbezilien, et AAIE (Les Jardins de Cocagne) de Hiersac.
Alesie travaille elle-même en étroite collaboration avec l'Iris, de Poitiers, l'union régionale des structures d'insertion par l'activité économique de Poitou-Charentes.
C'est à travers ce double réseau que les Jardins de Cocagne veulent trouver un alter ego pour être capable de postuler ensemble aux 90 hectares de reboisement.
Cosea, le groupement d'entreprises chargé de construire la ligne pour Lisea (exploitant) a promis de prendre sur les chantiers 10 % des gens issus de l'insertion, soit à former, soit issus de chantiers ou d'entreprises d'insertion.
« Rester modeste »Mais « sur la LGV, il faut rester modeste et capter ce qui est réalisable par nos structures en volumétrie et en qualité », insiste Michèle Bastard, directrice d'Alesie.
L'expérience de l'ORU (Alesie s'occupe pour Grand-Angoulême de la mise en œuvre de la clause sociale sur les chantiers de l'opération de renouvellement urbain) aide à garder la tête froide et rester réaliste. Cela n'empêche pas de mettre tous les atouts de son côté : mardi, la présidente d'Alesie, Claude Desprat et le directeur territorial d'ERDF, Hervé Cadoret, ont signé une convention.
ERDF va apporter son aide à la structure sous deux formes. D'abord une aide financière de 2 000 € pour soutenir un plan de formation de quatre des cinq salariés qui accompagnent les personnes accueillies (400 à 500 par an) vers l'emploi. Le deuxième volet de la convention ramène à la LGV : il s'agit de former les personnes passant par les structures d'insertion aux risques qu'il y a à travailler sur un chantier voisin de lignes électriques. Sur la LGV, ce cas de figure va se produire fréquemment.
Le Sud Ouest du 140711