Ce jeudi, à Bayonne, le président de la CCI, André Garreta, participera à une journée de mobilisation en faveur de la traversée du Pays Basque Nord par la LGV. Au sein de la chambre consulaire, le projet ne fait cependant pas l’unanimité. L’organisation professionnelle Lantegiak, qui dispose de cinq représentants au bureau exécutif – élus sur la même liste que M. Garreta en 2011 – l’a rappelé fin janvier dans un communiqué.
Le document reprend les arguments exprimés lors de l’assemblée générale du 20 janvier. Plusieurs touchent aux difficultés financières de RFF et de la SNCF, ciblant notamment “une dette au total supérieure à 30 milliards d’euros”, qui aurait “doublé depuis la création de RFF” amenant “la collectivité à combler les déficits d’année en année”.
Pour ne rien arranger, l’absence “d’investissements à l’entretien des voies, ouvrages et matériels depuis 20 ans” occasionnerait un retard se chiffrant “à 2 ou 3 milliards d’euros”, somme “à investir, pendant au moins dix ans (ce qui accroîtra donc la dette d’au moins 20 milliards d’euros)”. A cela s’ajouterait le fait que “le financement des travaux est confié en grande partie à un opérateur privé qui fera garantir pendant 50 ans les pertes d’exploitation certaines sur l’Etat, les régions et départements”.
Deuxième pierre d’achoppement : une justification du projet – la saturation des lignes existantes – mise à mal par les données du trafic fret et voyageurs. “Les hypothèses chiffrées par RFF/SNCF ont été remises en question par des observateurs neutres, à tel point que l’Etat a mis en place un observatoire”, signale Lantegiak.
“Peu de retombées économiques”
L’organisation professionnelle enfonce le clou, avec une triple critique en terme d’intérêt pour le territoire. “Il y aura peu de retombées économiques si ce n’est celles amenées par un afflux de personnes qui ne feront que passer, ou qui contribueront à une tension plus importante sur le foncier (véritable fléau de l’économie industrielle ou agricole)”, dénonce-t-elle. D’autre part, peu d’entreprises profiteront, selon elle, de cette création de ligne, les porteurs de projets étant “des entreprises extérieures qui ont la compétence de ce type de réalisation”. Enfin, Lantegiak constate que “des exemples de développement de villes montrent qu’ils ne sont pas ou très peu liés à une nouvelle ligne LGV”, citant “Toulouse et Rennes, classées 1re et 2e pour leur dynamisme économique”.
Joint hier par téléphone, Pantxoa Bimboire, membre de Lantegiak et vice-président de la CCI, précise que cette divergence de vue avec M. Garreta, si elle est forte, ne remet pas en cause “l’adhésion” des siens “au document stratégique de la CCI sur quatre ans”.
Le Journal du Pays Basque