"Il annonce les études du contournement ferroviaire sans les crédits, rassure Midi-Pyrénées sur la prochaine desserte de Toulouse et apporte un bémol très tactique sur la ligne nouvelle en Pays basque. Ceci, en trois heures.
Jean-Louis Borloo sait y faire. Le ministre de l'Écologie, de l'Énergie et du Développement durable a incontestablement déminé bien des sujets, hier, à Bordeaux, à l'occasion de sa visite publique express de trois heures. L'avenir proche dira si le lourd dossier de la grande vitesse ferroviaire a connu le « tournant historique » évoqué par lui-même. Mais il est certain que la faconde dont il a fait preuve en a laissé plus d'un admiratif.
« Ces projets sont aussi affaire de psychologie, et c'est l'art des hommes politiques de les dynamiser », reconnaissait Hubert du Mesnil, le président de Réseau ferré de France.
À plusieurs reprises, le ministre a insisté sur l'enjeu « vital » de ce grand projet de 20 milliards d'euros qui « rapprochera Bordeaux et l'Espagne de la Méditerranée via Toulouse et Narbonne ». Un élargissement du champ de nature à satisfaire les élus midi-pyrénéens, toujours en négociation avec l'État avant de s'engager à hauteur de 350 millions d'euros sur la ligne Tours-Bordeaux.
« Il nous reste quelques détails à régler, mais je n'ai plus de doute sur la signature de la convention financière dans les prochains jours ou semaines », a poursuivi, plus enthousiaste que précis, Jean-Louis Borloo. Martin Malvy, le président PS du Conseil régional de Midi-Pyrénées, a obtenu du ministre de l'Écologie un protocole de financement attractif pour la connexion de la ligne LGV dans l'agglomération toulousaine, à Saint-Jory. « Nous devons encore obtenir un engagement de travaux sur le Toulouse-Bordeaux avant 2017 », explique-t-il. Le ministre ira à Toulouse prochainement pour acter ces avancées. Le contrat de concession peut encore être signé avec Vinci en décembre. Et les travaux démarrer l'an prochain. Ils pourraient créer plus de 4 000 emplois en cinq ans.
Prudence basquePour ce qui est de la ligne nouvelle en Pays basque, Jean-Louis Borloo n'a rien cédé sur le fond, en confirmant le fuseau d'études du futur tracé, mais plus nuancé sur la forme. « La ligne actuelle est peu performante mais il faut l'utiliser jusqu'à saturation, et s'il y a saturation, en construire une nouvelle au maximum enterrée », a dit le numéro deux du gouvernement. Un « si » qui a irrité Alain Rousset, le président du Conseil régional d'Aquitaine, pour le coup plus volontaire que le ministre de l'Écologie sur l'impératif du report modal du fret vers le rail. « Sur la ligne nouvelle en direction de l'Espagne », a insisté le président de Région, sûr que les Aquitains ont massivement approuvé ce projet de TGV lors des dernières élections régionales. On dira que la position exprimée par le candidat à Matignon ne heurtera pas Michèle Alliot-Marie, l'élue de Saint-Jean-de-Luz, mais qu'elle ne renie pas non plus les engagements internationaux de la France.
Plus tôt dans la matinée, Jean-Louis Borloo a inauguré les travaux de la première phase de la suppression du bouchon ferroviaire de Bordeaux. Il a aussi annoncé le lancement d'études pour le contournement ferroviaire de Bordeaux, sans en préciser ni le montant ni la répartition financière. Il a aussi mis son auditoire en garde : « En trois ans, les TGV Est, Bretagne, Rhin-Rhône et Nîmes-Montpellier ont été mis sur les rails. » Comme pour rappeler qu'il ne peut être le seul à mettre de la vitesse dans des projets qui nécessitent l'engagement de tous les territoires. Le message valait sans doute aussi pour le sud de l'Aquitaine." Le Sud Ouest du 290910