Quelle que soit l'issue des efforts très personnels de l'affable Gérard Larcher, le fait politique est là : le Sénat est à gauche. Et ce n'est que justice, même si je le déplore.
Les amateurs de propos de café de commerce ne manquent pas, dans chaque département, de disserter sur les qualités plus ou moins bonnes des candidats qui étaient en lice pour expliquer telle ou telle défaite ou de commenter le climat politique général.
Ainsi s'attache-t-on, chose facile, à l'écume des choses au lieu de faire de vraies analyses politiques.
Comme pour les icebergs, on se contente de ne parler que la partie émergée.
La vérité est ailleurs : la Gauche n'a fait qu'encaisser dimanche soir les dividendes de ses nombreuses victoires municipales de mars 2008.
A ceux qui avaient beaucoup parlé sur le malheureux résultat toulousain est administrée la preuve qu'il y avait bien eu alors, sur l'ensemble du pays, une lame de fond d'une ampleur inédite en faveur des forces de gauche. A laquelle Toulouse, ville de gauche bien plus que d'autres, ne pouvait échapper !
Il est donc logique et normal que la haute assemblée connaisse l'alternance.
Mais celle-ci ne se serait pas produite sans des divisions internes à l'UMP et à la Majorité présidentielle, qui ont été fatales dans certains départements. Une leçon à méditer…
L'essentiel reste à faire : un travail de réflexion jusqu'ici trop négligé par les différentes sensibilités de la Droite et du Centre sur les aspirations des citadins d'aujourd'hui.
Comment concilier leurs attentes et nos valeurs ? Quelles réponses avons-nous à proposer à leurs préoccupations d'urbains ?
Alors que la France est urbaine à 80 %, il serait temps que notre famille politique, abandonnant ses discussions sans fin sur les considérations personnelles, se pose enfin ces vraies questions dans le cadre d'un travail de fond.
Sinon, dans les villes, elle risque de rester longtemps abonnée aux déconvenues électorales.
Jean-Luc MOUDENC
Maire de Toulouse de 2004 à 2008
Président du Groupe d'Opposition municipale “Toulouse pour Tous”