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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 12:17

Invité exceptionnel de RTL lundi matin, Nicolas Sarkozy a réagi à la victoire de "The Artist" lors de la cérémonie des Oscars. "C'est un succès formidable pour le cinéma français et pour le cinéma de qualité", a déclaré le chef de l'Etat, candidat à sa succession à l'Elysée. "Si cela pouvait donner l'idée à tous les jeunes qui ont aimé ce film, que j'ai bien sûr adoré, de voir Capra et tout le cinéma italien en noir et blanc", a-t-il souhaité. Et de railler un brin l'accent anglais de Jean Dujardin : "On le comprend très bien quand il parle !"


Sur RTL, Nicolas Sarkozy salue le succès de "The... par rtl-fr

 

Ecouter   La Rédaction de RTL | 27/02/2012 - 07h44écouterNicolas Sarkozy à propos du sacre du film "The Artist" à Hollywood, lundi matin sur RTL : "Un succès formidable pour le cinéma français et le cinéma de qualité"

 

"C’est un succès formidable pour le cinéma français, et pour le cinéma de qualité. (…) Ça me permet de dire une chose, il y a peut-être vingt ans quand il y a eu la naissance du home cinema, on a parié sur la fin du cinéma en salle : c’est totalement faux. Les gens regardent les films chez eux, il y a eu plus de 200 millions d’entrées dans les salles l’année dernière.

C’est un grand succès, Jean Dujardin immense acteur, et en plus il est fantastique parce qu’on comprend très bien son anglais. Il faut le féliciter vraiment, on a envie de parler anglais avec lui. (…) Ça doit nous renforcer dans l’idée de défendre la création, défendre les réalisateurs. Je suis heureux pour Thomas Langmann, et puis Claude Berry là où il se trouve. Il doit nous regarder (...) il faut défendre le cinéma, défendre les auteurs, les films on doit le payer, on ne peut pas les pirater, c’est ce qu’on a voulu avec la loi Hadopi. Je pense que ça préserve la création".

 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 11:17

presidentielle-009.jpgNicolas Sarkozy, candidat à l’élection présidentielle, était l'invité exceptionnel de la "Matinale". Le chef de l'Etat sortant a d'abord répondu aux questions de Jean-Michel Aphatie et Alain Duhamel. Il a d'entrée de jeu réfuté l'image de "président des riches". Il a promis de faire "des propositions très précises" sur l'usine ArcelorMittal de Florange, menacée de fermeture, estimant que "le haut-fourneau doit pouvoir repartir au deuxième semestre de cette année". Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il ferait en avril, lors d'un déplacement à la Réunion, "d'autres propositions" pour favoriser le développement de l'île de l'Océan indien, théâtre de violences urbaines provoquées par la hausse du coût de la vie. Le candidat-président a, par ailleurs, exclu, s'il est réélu, de soumettre à référendum le traité européen de discipline budgétaire en cours d'adoption, jugeant le sujet trop complexe.

 


VIDEO : Nicolas Sarkozy invité exceptionnel de... par rtl-fr

 

Ecouter Jean-Michel Aphatie et Alain Duhamel | 27/02/2012 - 08h06écouterEXCLU - Nicolas Sarkozy, Président de la République et candidat à la Présidentielle : "Je vais faire des propositions très précises sur Florange"

La chronique du 27 février 2012

 

Nicolas Sarkozy répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie et Alain Duhamel

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Nicolas Sarkozy.


Nicolas Sarkozy : Bonjour Jean-Michel Aphatie. Bonjour Alain Duhamel.

"J'ai commis des erreurs" avez-vous dit, lors de mon entrée en campagne". Vous n'avez pas précisé lesquelles. Avez-vous trop avantagé les riches au début de votre quinquennat, Nicolas Sarkozy ?

Non.

Voilà, c'est dit. Bouclier fiscal, allègement des droits de succession, C'est le reproche qui vous est fait depuis cinq ans.

Non, d'abord, revenons... Si vous voulez me poser la question, j'y réponds bien volontiers. Je suis candidat, il est normal que je réponde à toutes les questions. On m'a dit, est-ce que vous avez le sentiment d'avoir fait des erreurs ? J'ai dit en cinq ans, oui. C'est sûr. D'ailleurs, j'imagine que vous-même, quand vous regardez les cinq dernières années, ça vous est même arrivé. C'est tout à fait normal. Ce n'est pas une preuve de faiblesse que de reconnaître ses erreurs.

Trop avantager les riches, c'est le reproche qui vous est fait.

Non, c'est pas parce que c'est un reproche qui m'est fait que c'est une réalité. S'agissant de la suppression des droits de succession pour 90% des français, c'était une promesse que j'avais faite au moment de ma campagne de 2007. C'est une promesse que j'ai tenue, parce que je considère, Jean-Michel Aphatie, que comme vous, quand on a travaillé toute sa vie, il n'est pas anormal, alors qu'on a payé des impôts, de laisser à ses enfants en franchise d'impôts, le produit d'une vie de travail. C'est pas quelque chose qu'on a volé ! C'est un engagement que j'ai pris, un engagement que j'ai tenu. S'agissant des grosses successions, des successions les plus importantes, nous avons augmenté la taxation dessus.

On vous fait un faux procès ?

En la matière, sur ça, certainement. Je prends juste un exemple. Lorsque je suis devenu président, les stock-options étaient très peu taxées. La taxation des stock-options a rapporté 1 milliard d'euros depuis 2007. S'il y a des reproches à me faire - il y en a certainement à me faire- ce n'est pas celui-ci. Ça, c'est un procès en sorcellerie, un procès habituel qui permet de masquer l'absence de propositions.

Vous avez promis récemment d'interdire les retraites chapeaux et les golden parachutes. Vous l'aviez déjà promis, le 19 avril 2007, et vous ne l'avez pas fait.

Alors, je vais vous expliquer là-dessus. Certainement, c'est une erreur. Nous avons monté la fiscalité sur les retraites chapeau et sur l'ensemble de ces dispositifs à hauteur de 71%. Et je m'étais dit, en taxant à 71%, ils vont peut-être se calmer. Je parle d'ailleurs. Il faut que les choses soient claires et précises entre nous. Je ne parle pas des retraites-chapeau pour les cadres. Les cadres moyens, ça peut exister dans un certain nombre de secteurs. Je parle des retraites-chapeau qui sont votées pour les principaux dirigeants, notamment les mandataires sociaux. Je me suis dit, à 71% de taxation, ils vont se calmer. Et je m'aperçois que non.

Alors, si vous voulez dire que c'est une erreur, je veux bien le prendre. Et bien, puisqu'ils ne se calment pas, on va les interdire. Parce qu'il y une infime minorité, très petite, mais extrêmement choquante, qui n'a rien compris à la crise, qui ne comprend pas ses responsabilités et la nécessité d'avoir un minimum d'éthique. Mais j'ai été beaucoup plus loin puisque j'ai proposé que, désormais, il y ait un représentant des salariés dans le comité des rémunérations qui fixe les rémunérations disons des dix plus hauts cadres de l'entreprise. Que les rémunérations soient adoptées par l'assemblée générale des actionnaires et que ça ne passe plus dans le secret, que ça soit publié dans les documents qui sont sortis chaque année avec les résultats.

Alain Duhamel : Il y a quelque chose qui apparaît un peu contradictoire. D'un côté, vous vous élevez contre les outrances, les dérives, les abus, les privilèges de certains des patrons, en tout cas, du CAC 40, puis d'un autre côté, on a l'impression que ce sont vos partenaires, vos invités, vos hôtes, vos amis. Finalement, ce sont des partenaires, des adversaires, les deux ?

Je ne comprends pas. Un Président de la République, quand il y a une crise, doit-il discuter avec les banques pour s'assurer que l'économie a du crédit ? Oui ou Non ? Dois-je le faire ou ne dois-je pas le faire, monsieur Duhamel ?

Non, la question qu'on se pose c'est qu'à certains moments, on a l'impression que vous êtes très critique vis-à-vis d'eux, et à d'autres moments que vous êtes très proche d'eux.

Je ne vois pas. Si vous voulez me préciser les choses, n'hésitez pas à le faire !

On vous présente souvent comme l'ami de...

C'est moi qui suis l'ami de monsieur Bergé, propriétaire du "Monde", financier, revendiqué de François Hollande ? C'est moi qui suis l'ami du banquier monsieur Lazard, monsieur Pigasse, richissime, mettant l'ensemble de ses moyens au service de Dominique Strauss-Kahn d'abord, puis de François Hollande ?

Ce n'est pas un reproche, mais la question derrière c'est de savoir s'il y a une contradiction ou pas ?

Non, il n'y a pas de contradictions. Quand on a trente-cinq ans de carrière politique, on connaît un certain nombre de gens. Vous-même, vous les avez invités tous ces gens-là. Je n'imagine pas que vous soyez, parce que vous avez invité quelqu'un, que vous soyez dépendant de lui. J'ajoute, on peut continuer les exemples. Est-ce moi qui travaille dans le groupe de monsieur Bolloré ? Je vous pose une question. Est-ce moi ?

Non. Pourquoi vous nous dîtes ça ?

Parce que personne n'a une émission de télévision dans le groupe de...

... La compagne de François Hollande !

Voilà ! Attendez, pardon ! Excusez-moi, vous m'avez posé une question ! J'y réponds ! Est-ce que le fait de travailler dans le groupe de monsieur Bolloré crée un sentiment de dépendance du candidat socialiste à l'endroit de monsieur Bolloré ? Réponse, non. Je ne lui ferais pas ce procès. Donc, j'aimerais qu'on ne le fasse pas à moi non plus. Voilà. Est-ce que c'est clair ?

Ecoutez, on a posé une question. Vous avez donné une réponse. C'est probablement plus clair maintenant qu'avant qu'on ait posé la question...

Une autre question. A Marseille, vous vous êtes élevé contre les freins aux réformes des corps intermédiaires, c'est-à-dire : les syndicats, les élus locaux, consulaires, etc. Ne sont-ils pas tout simplement dans leur rôle quand ils contestent des réformes.

Oui. Je ne le conteste pas. D'ailleurs, il faut faire la différence entre les uns et les autres. Si vous prenez le syndicalisme agricole, par exemple, j'ai rarement vu un milieu aussi attaché à la compétitivité, à la modernisation que le syndicalisme agricole.

Et le syndicalisme fonctionnaire, par exemple ?

Je ne dirai pas la même chose. Par exemple : prenons l'éducation Nationale. Je ne reproche pas aux syndicats de défendre les gens qu'ils représentent, c'est leur rôle, mais on peut pas dire que ça soit une force absolue tournée vers le changement en marche. Ce n'est faire procès à personne que dire cela. Lorsqu'il a fallu faire la réforme des retraites, j'ai reçu, à d'innombrables reprises, la totalité des responsables confédéraux des centrales syndicales. Pas un seul, vous m'entendez, pas un seul n'était prêt à assumer la réforme des retraites ! Fallait-il, pour autant, que je diffère la réforme parce qu'ils étaient contre. Pas un seul ! Pour tous !

Alors, les plus ouverts me disaient "certes, il faut une réforme mais pas maintenant et pas celle-là", ce qui est la caractéristique, quand il y a de l'immobilisme, c'est jamais maintenant, c'est jamais le bon moment et c'est jamais celle-là ! Pas un seul ! Avec qui vouliez-vous que nous fassions, François Fillon et moi, la discussion ? Pas un seul !

Votre phrase à Marseille c'était à quel point les corps intermédiaires font écran entre le peuple et le gouvernement. Ces corps intermédiaires, syndicats, grands partis, groupes de pression, experts, commentateurs, disiez-vous, ne sont pas représentatifs, chacun à leur place. Ce n'est pas une critique un peu excessive ?

Je dis que quand il y a blocage, il faut en appeler au peuple. J'observe, d'ailleurs, que, quand j'ai fait cette proposition, avant même que d'être candidat, ça a été un tollé d'une grande partie de la classe politique, absolument général. J'étais putschiste, dictateur, c'était pas ce qu'il fallait, j'allais chasser, que sais-je encore, oui les terres de l'extrême-droite, comme si l'extrême droite, comme d'ailleurs l'extrême droite avait ses terres - il faudra m'expliquer où elles se trouvent - et pourquoi on condamne des gens à être prisonniers d'un discours extrémiste. Bref, aujourd'hui, je vois que tous les jours, il y a un candidat qui propose un référendum...

... François Bayrou hier.

Ça ne devait pas être si stupide que cela ! Le référendum c'est le général de Gaulle qui l'a introduit dans nos institutions. D'autres l'avaient fait à d'autres époques, mais c'est le général de Gaulle. Est-ce que vous croyez vraiment que les partis politiques, en 1962, auraient laissé le peuple français élire directement le président de la république s'il n'y avait pas eu le référendum ? Est-ce que vous pensez qu'il y avait une chance que le peuple français ait eu le droit d'élire le président de la république, s'il n'y avait pas eu le référendum ? Une seule.

Donc, le référendum est une arme que vous voulez utiliser, Nicolas Sarkozy, si vous êtes réélu. Un outil.
Ce n'est pas une arme. Un outil !

Le référendum est une méthode qui présente un autre avantage, Jean-Michel Apathie - si vous le permettez - qui consiste à dire à cette France qui souffre du fait de la crise qui est désabusée, qui a tendance comme un cri de colère, à dire non à beaucoup de choses, qu'il ne faut pas moquer, mais qu'il faut faire revenir dans les voies de la république "positive", de lui dire qu'elle aura la parole, qu'elle n'est pas exclue du débat. Et qu'elle peut trancher un certain nombre de sujets au moment où il y a blocage manifeste.

Soumettrez-vous, Nicolas Sarkozy si vous êtes réélu, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance en Europe, au référendum, pour que les Français disent ce qu'ils en pensent ?

Non.

Il y a des référendums pour certains sujets et pas pour d'autres ?

D'abord, la première caractéristique, on peut parfaitement imaginer un référendum sur l'Europe. La monnaie unique par exemple...

... En 1992...

Pourquoi ? Parce que la question est parfaitement claire. Voulez-vous échanger le franc contre l'euro ? C'est une question claire. S'agissant d'un traité avec 200 articles, ou 250 articles, je ne vois pas la question claire qu'il peut y avoir.

C'est un traité qui limite la souveraineté budgétaire. Donc c'est un traité peut âtre qui doit être considéré comme singulier, important ?

Non, non, non... Je ne suis pas de cet avis, c'est un traité au contraire qui nous rend notre souveraineté budgétaire et je vais vous le démontrer, parce qu'il n'y a pas de souveraineté budgétaire pour un pays qui dépense plus d'argent qu'il n'en gagne pour un pays qui dépend des marchés, parce qu'il est endetté. Or un traité qui inscrit la "règle d'or", qu'est-ce que ça veut dire ? C'est-à-dire que, dorénavant, les gouvernements quels qu'ils soient, gauche, droite, centre ce que vous voulez, n'auront pas le droit, sur la durée d'une législature, de dépenser plus d'argent que nous n'en n'avons. C'est rendre de la souveraineté à la France.

Pas de référendum là-dessus.

C'est rendre de la souveraineté à la France que de dire qu'on ne peut pas ruiner le pays.

Et pas de référendum là-dessus ?

Non !

Sur un sujet qui inquiète et qui pose des problèmes quotidiennement aux Français, qu'est celui du prix de l'essence, qui touche tout le monde, mais en plus en particulier les plus modestes. Est-ce que vous, vous avez des moyens quelconques, concrets, de limiter les dégâts ?

Pour limiter les dégâts oui. Je voudrais d'abord dire que c'est se moquer des Français que de dire qu'on va bloquer les prix. Bloquer les prix de quoi ? Du prix du pétrole qui est fixé par un marché mondial à l'extérieur ? C'est une plaisanterie !

C'est François Hollande qui l'a dit il y a quinze jours.

C'est une plaisanterie, si l'on veut être aimable. Vous imaginez bloquer les prix, d'un pétrole qui est vendu par l'Arabie Saoudite, par un certain nombre de pays producteurs. Vous allez leur dire "je bloque les prix en France !"

Alors qu'est-ce qu'on peut faire ?

Attendez ! Vous l'achetez à l'étranger, c'est mentir de dire ça. Ça n'a aucun sens. Le blocage des prix, peut avoir du sens pour quelque chose qui est en France. Mais quelque chose que vous achetez à l'étranger ! Donc, on peut faire deux choses, me semble-t-il. La première, c'est, encourager, soutenir et développer les voitures qui consomment moins de carburant, parce que la première ressource énergétique dont nous avons besoin, elle s'appelle "économie d'énergie". C'est ce que nous avons mis en place avec le bonus-malus. Nous avons désormais - la France - c'est un de nos atouts, le parc européen de voitures le plus propre, et le moins consommateur d'Europe, grâce au bonus-malus. Vous savez, c'est l'Etat, quand vous achetez une voiture économe : l'Etat vous fait une réduction. Et quand vous achetez une voiture qui consomme beaucoup, l'Etat vous le fait payer. C'est un premier élément.

Deuxième élément, c'est développer l'énergie nucléaire. Quelle drôle d'idée quand même que de dire "le pétrole est cher, je vais bloquer les prix d'un pétrole que j'achète à l'étranger, donc je ne peux pas bloquer les prix". Et je vais fermer 24 réacteurs nucléaires", alors que c'est une énergie qui coûte et qui permet aux Français d'avoir une électricité 30% à 40% moins cher que ce qui se passe chez nos voisins. Donc ce sont les ressources alternatives.

Troisième élément : baisser les taxes.

J'y viens ! Ça veut dire développer le nucléaire, développer les énergies renouvelables, photovoltaïque, hydraulique, éolien, et notamment, l'éolien offshore. Et s'agissant de la baisse des taxes, je rappelle qu'en ce qui nous concerne, nous avons un déficit, que ce déficit doit être comblé. Mais si tel candidat veut baisser les taxes, qu'il demande à ses amis qui dirigent les régions, et qui prélèvent une taxe sur le pétrole, et bien d'alléger cette taxe et de la diminuer. Il n'y a aucun problème.

Liée, d'ailleurs, en partie aux questions d'essence, il y a en ce moment, beaucoup d'échauffourées à l'Ile de la Réunion, à cause du pouvoir d'achat, à cause du chômage, et aussi beaucoup à cause des prix alimentaires et des prix justement de l'essence qui sont très élevés là-bas. Vous avez des solutions pour eux ?

C'est un sujet extrêmement sérieux. L'île de la Réunion, c'est une île - comme son nom l'indique - au coeur de l'Océan Indien - avec un peu moins d'un million d'habitants. Les prix sont plus chers qu'ailleurs, parce qu'il faut tout faire venir. On est sud-est de l'Afrique. On est juste derrière l'Afrique du sud, pour ceux qui ne sauraient pas où se trouve l'île de la Réunion.

Les prix sont en moyenne 12% plus chers qu'en métropole, parce que, naturellement, faire venir l'essentiel. Alors dans ces affaires, fort heureusement, ces dernières nuits ont été plus calme. Je veux rendre hommage au travail du Préfet qui a bien travaillé, et au travail des élus locaux, notamment, le Conseil régional et le Conseil général.

Il y a deux choses. Il y a d'abord un petit nombre, de gens qui se sont comportés comme des casseurs. La loi ne sera pas bafouée, et la justice, comme la gendarmerie et la police ont fait leur travail, en prononçant des peines très sévères, qui ont contribué d'ailleurs à ramener le calme.

Et puis il y a un vrai problème, c'est qu'il y a un taux de chômage endémique extraordinaire. Ecoutez pour les moins de 25 ans, je crois qu'ils sont à près de 60% de taux de chômage. C'est une affaire extrêmement sérieuse, et extrêmement difficile. J'aurais l'occasion d'aller à l'Ile de la Réunion au mois d'avril. Je ferai d'autres propositions, car je ne crois qu'à une seule chose : au développent économique de cette île, au développement économique, un développement économique endogène.

Je prends deux exemples, vous allez parfaitement comprendre. Faire venir des denrées de la Métropole, ça coûte cher parce que c'est loin. Il faut comme nous avons commencé à le faire, développer l'élevage. Il n'est pas normal que la viande consommée là-bas, ne soit pas une viande d'élevage, il y a des pâturages, il y a de l'espace.

L'agriculture doit être diversifiée également. Nous avons créé une zone franche globale d'activités, je ferais au mois d'avril, d'autres propositions pour développer cette île. Je crois à son développement pourquoi ? Parce qu'elle se trouve dans un bassin de 80 millions de francophones, parce qu'à côté il y a Madagascar, il y a l'île Maurice. On peut créer une grande faculté de médecine pour l'ensemble des francophones de la région, on peut créer un marché francophone. J'aurais l'occasion, au mois d'avril, de faire des propositions sur le sujet.

Le groupe ArcelorMittal en Moselle, refuse ou décale du moins, le redémarrage de deux hauts fourneaux. 2.500 emplois pourraient être concernés par ce que les syndicats appellent comme "une disparition programmée du site". Pouvez-vous, allez-vous faire quelque chose, Nicolas Sarkozy ?

Oui. C'est une affaire extrêmement sérieuse, et si vous permettez je vais prendre deux minutes pour y répondre. D'abord, c'est toute la question de la sidérurgie française. La France ne laissera pas tomber son industrie sidérurgique. Je veux qu'on comprenne les choses : nous sommes dans une crise économique mondiale et européenne très forte. Il n'est pas anormal que dans une crise de cette nature, l'acier qui est une matière première essentielle au développement économique, la demande d'acier baisse.

Mais rappelez-vous, il y a quatre ans, dans les mêmes conditions, le prix de l'acier explosait, parce qu'il y avait une croissance. On est donc, là, dans un problème conjoncturel, et non pas dans un problème structurel. On peut dire que les problèmes de l'industrie textile, c'est du structurel. Les problèmes de l'industrie sidérurgique, c'est du conjoncturel. Et je ne laisserai pas faire, pour la sidérurgie, ce qui s'est passé pour la chimie avec la disparition de Pechiney. Nous agirons sur la sidérurgie, comme j'avais eu l'occasion de le faire pour Alstom. Ça, c'est la première remarque.

Gandrange, Florange ?

Sur Florange, c'est le haut-fourneau qui est fermé. D'abord sur Florange, il y a 500 personnes qui travaillent pour le haut-fourneau. L'ensemble des autres activités - je parle notamment de la tôle, de l'acier avec de la plus-value - ça fonctionne bien, c'est compétitif, et ils gagnent de l'argent. Sur Florange, nous avons travaillé avec le Premier ministre encore hier, et j'ai une réunion ce soir avec lui.

Nous voulons quoi ? Premièrement, que le groupe ArcelorMittal fasse des investissements pour que ce haut-fourneau puisse repartir. J'estime qu'il doit pouvoir repartir au deuxième semestre de cette année, compte tenu des prévisions économiques qui sont celles-ci.

Deuxième remarque : nous sommes prêts à investir y compris sur Florange, il y a un projet absolument fantastique, qui pourrait faire de Florange, un site très moderne sidérurgique, c'est le projet Ulcos, dont je parlerai en fin de semaine avec le président de la Commission Européenne : l'Etat dans le cadre du grand emprunt, des investissements d'avenir, est prêt à mettre 150 millions d'euros sur la table. Donc nous avons une discussion franche et directe avec la direction...

... D'ArcelorMittal ?...

Avec Arcelo Mittal et avec monsieur Mittal..

Vous avez eu monsieur Mittal, vous lui avez dit "il faut investir à Florange"...

Je ne l'ai pas eu une fois, je l'ai eu plusieurs fois. Et nous sommes prêts à prendre nos responsabilités. J'aurais l'occasion, dans les prochains jours, de faire des propositions très précises sur le sujet. Je vous demande retenir cela : la France ne laissera pas tomber la sidérurgie.

Vous avez déjà dit à Gandrange : "On ne vous laissera pas tomber". Gandrange a fermé !

Non, ce n'est pas vrai ! Les engagements qui ont été pris à l'époque sur Gandrage ont été scrupuleusement respectés.

Le site a fermé le 31 mars dernier.

Ce qui se passe à Florange, c'est autre chose. C'est une chute de la consommation d'acier, qui est liée à la crise économique que nous connaissons. Et s'il faut que l'Etat investisse par le biais du FSI, nous serons prêts à le faire.

Dernière question d'Alain Duhamel.

Vous avez dit à Marseille, en substance : "Si on aime la France, on refuse les 35 heures". On ne peut pas être patriote et aimer les 35 heures ?

Mais bien sûr qu'on peut être patriote et aimer les 35 heures, ça n'est pas ça que j'ai dit. Si on aime la France forte.

"Je m'attache au texte".

Pas toujours, pas toujours, je vous connais, et je vous écoute. La France forte, celle qui protégera les Français, c'est une France qui doit soutenir, aider le travail. C'est la raison pour laquelle j'ai proposé que l'on baisse les cotisations salariales sur le travail, pour 7 millions de Français, ça fera une augmentation de près de 1.000 euros par an. On ne peut pas dévaloriser le travail. Il n'y pas de solution pour la France dans la réduction du temps de travail, dans la pénalisation du travail, dans le manque de respect et de considération à l'endroit du travail.

Et qu'est-ce qu'il restera, puisqu'il y a aura la suppression de la PPE en échange.

C'est tout à fait simple ! La PPE c'est deux milliards et demi, la proposition que je mets sur la table, c'est 4 milliards. Elle sera financée comment ? 2 milliards et demi par redistribution de la PPE et un milliard et demi par augmentation de la fiscalité sur les revenus financiers. Ca permettra de doubler l'équivalent de la PPE aujourd'hui qui est à 450 euros par ans. Et, deuxièmement, au lieu d'avoir 6 millions de bénéficiaires, il y aura 7 millions de bénéficiaires, qui seront les salariés et qui travaillent, qui travaillent dur, et qui à la fin du mois n'ont rien.

Merci, Nicolas Sarkozy.

RTL

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 19:22

presidentielle-008.jpgCe samedi matin, le Président de la République est venu inaugurer son cinquième salon de l’agriculture, un exercice qu’il affectionne particulièrement. Au cœur de la plus grande manifestation agricole de France et d'Europe, qui attend sur 9 jours, Porte de Versailles à Paris, près de 700 000 visiteurs ruraux et urbains, il est allé à la rencontre des éleveurs et agriculteurs de France. Quatre heures durant, il a goûté les spécialités des milliers d’exposants, encourageant les visiteurs à profiter de cette magnifique manifestation.

Accompagné du ministre de l'agriculture Bruno Le Maire et du président du parti Chasse, pêche, nature, traditions, Frédéric Nihous, qui le soutient, Nicolas Sarkozy a reçu un accueil particulièrement chaleureux de ce monde paysan qui l’apprécie. Ces cinq dernières années, le chef de l'État n’a pas ménagé ses efforts pour protéger et défendre l’agriculture française, multipliant les déplacements dans les exploitations au rythme d’au moins un par mois en moyenne depuis 2010. Les résultats sont là : le revenu moyen des agriculteurs a plus que doublé en trois ans, passant de 14 500 euros à 30 200 euros et l’année 2011 a été une année exceptionnelle pour les exportations agricoles françaises avec un excédent record de la balance commerciale de près de 12 milliards d’euros, soit deux fois plus qu'en 2009.

« Nous partageons les mêmes valeurs » est venu leur dire le Président de la République : « celles de gens qui aiment leur travail et qui veulent vivre de leur travail ». Des valeurs que Nicolas Sarkozy entend plus que jamais défendre, avec l’aide des agriculteurs : « j’ai besoin que vous m’aidiez à les faire triompher, parce que ces valeurs sont la seule façon pour que la France reste un pays fort et indépendant ». « Ce n’est pas du folklore l'agriculture, c'est une activité économique aussi essentielle pour notre économie que l'automobile ».

Nicolas Sarkozy a, sans attendre, précisé ses priorités pour l’agriculture lors d’un second mandat, de la simplification des contraintes environnementales à la réforme de la politique agricole commune (PAC), en passant par la réorganisation des «filières».

En remerciant les agriculteurs de leur « formidable accueil », Nicolas Sarkozy les a appelés à le soutenir pour bâtir une France forte : « l'économie française a besoin d'une agriculture forte », un appel reçu sous les applaudissements.

Découvrez dès à présent l’interview qu’il a accordée à Agra presse et à La France agricole

La France Forte

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 12:26

presidentielle-007.jpgA la veille de l’inauguration du salon de l’agriculture, et alors que l’année 2011 a été une année exceptionnelle pour les exportations agricoles françaises, le Président de la République a répondu aux questions d’Agra presse et du magazine La France agricole : actions menées depuis 2007, renforcement de la compétitivité, réforme de la politique agricole commune, simplification des règles de contrôle, développement des contrats sont certains des sujets abordés dans cette interview.

Vendredi 24 février 2012

 

En cinq ans de présidence, que pensez-vous n'avoir pas fait pour l'agriculture et quelles priorités vous fixez-vous si vous êtes réélu?

Si j’en juge par le résultat du commerce extérieur français, les exportations agricoles françaises sont de 12 milliards d’euros en 2011 c’est 23% de plus qu’en 2010. Je m’en réjouis pour les agriculteurs, pour l’agriculture et pour la France. C’est un résultat exceptionnel. J’y vois le résultat de deux choses : d’abord tous nos efforts pour améliorer la compétitivité de l’agriculture française. Les agriculteurs sont des entrepreneurs, ils veulent vivre de leur travail, pas de subventions. Il faut les aider à renforcer leur compétitivité. En second lieu j’y vois le résultat de l’organisation de leurs filières de production. Cette organisation est la seule façon d’améliorer les relations avec la grande distribution et de renforcer la part de valeur ajoutée qui revient dans les mains des agriculteurs. Que reste-t-il à faire ? D’abord résoudre le problème extrêmement agaçant des normes, des contrôles. Cela ne veut pas dire qu’il faut les supprimer. Mais la simplification des règles est un chantier en soi. Il y a trop de suspicions à l’endroit des agriculteurs. Ils ne sont pas les ennemis de l’environnement, de la nature. Bien au contraire ! Tout agriculteur tire ses ressources de cet environnement et de la nature. Son intérêt est de les préserver.

Le deuxième chantier consiste à apprendre à mieux travailler ensemble, les agriculteurs avec les industriels, les industriels avec les distributeurs et les filières entre elles. Au fond, l’agriculture française souffre encore de ne pas s’être, dans les années soixante, préoccupée de ses réseaux de distribution. Il faut qu’on s’en occupe maintenant. Troisième gros chantier qui s’annonce, celui de la réforme de la Politique agricole commune sur lequel je serai d’une grande fermeté comme je le suis déjà sur les droits de plantation en viticulture qu’il faut absolument maintenir.

 

Le cadre budgétaire de la prochaine Pac s’annonce moins facile que pour la Pac actuelle. Que pourriez-vous dire aux agriculteurs pour leur tenir le langage de vérité, là-dessus ?

D’abord on a bien avancé dans la négociation. Grâce à notre insistance, la Commission a proposé de maintenir le budget de la Pac en euros courants. C’était en juin 2011. Ce n’était pas une petite victoire. Certains pays voulaient que la Commission propose une diminution du budget de la Pac de 30%. Les agriculteurs savent maintenant que le budget de la Pac sera maintenu en euros courants.

Ce n’est pas gagné complètement puisque certains pays veulent rouvrir le dossier…

La base de départ, c’est le maintien du budget en euros courants. C’est une avancée énorme ! Que certains pays veuillent rouvrir le dossier, c’est possible. Mais la proposition de la Commission européenne conforte notre position. Et la France se battra, croyez-moi, contre toute tentative de baisser le budget de la PAC. Deuxième élément, en ce qui concerne les aides elles-mêmes, la France doit se montrer attentive à préserver la légitimité de la Pac. Je le répète : si la Pac n’est pas juste, l’opinion la contestera. J’ai été le premier à proposer un débat sur la redistribution des aides entre les différents Etats. Cette proposition nous a permis d’obtenir que la Commission écarte l’aide unique à l’hectare au niveau européen. Cette réforme aurait ruiné les agriculteurs français. Sur ce point, en 2008, dans le cadre du bilan de santé de la Pac on a été bien inspiré de rééquilibrer la Pac entre les éleveurs et les céréaliers. Il y a un milliard d’euros qui est passé d’un côté à l’autre. Il nous faut poursuivre ce processus. La commission propose de le faire en cinq ans. C’est beaucoup trop court. Mon prochain objectif est d’obtenir un allongement de cette période de transition. Mais globalement, le combat est bien engagé.

Etes-vous allé jusqu’au bout de ce que vous pouviez faire en terme de compétitivité? La TVA « emploi » est mise en avant ; mais son impact en agriculture pourrait n’être que minime.

Je veux vous rappeler que depuis 2010, nous consacrons un demi-milliard d’euros par an à la réduction des charges patronales sur les travailleurs occasionnels des exploitations agricoles. Depuis que je fais de la politique, j’entends cette revendication. C’est fait. Deuxième étape, en loi de finances pour 2012 nous avons fait voter une mesure réduisant les charges pour les salariés permanents au niveau du Smic et qui allègera le coût du travail de un euro par heure. Cela représente 210 millions d’euros pris sur le budget de l’Etat. Rien que pour l’agriculture, cela représente donc 710 millions d’euros d’allègement de charges sur les travailleurs occasionnels et permanents. Enfin, en février, nous avons décidé la suppression des cotisations patronales familiales pour les salariés situés entre un Smic et 2,4 Smic. Dans le seul secteur de la production agricole, 98% des contrats à durée indéterminée bénéficieront donc désormais d’allègements de charges. 94% des exploitations agricoles en profiteront. Il restera un chantier très important qui est celui de l’harmonisation des règles fiscales et sociales en Europe.

En attendant, le président de la FNSEA, Xavier Beulin s’est annoncé déçu par ce projet de TVA sociale puisque les exploitants en tant que cotisants ne sont pas touchés par l’allègement des charges familiales.

Il a en effet beaucoup milité pour ce dispositif et espérait que l’exploitant puisse être exonéré lui-même en tant que cotisant. Je lui ai fait valoir que si l’exploitant a des salariés, il profitera de cette réforme.

 

 

S’agissant de l’Allemagne que vous présentez comme un modèle est-ce que des mesures ponctuelles comme la réduction des charges sociales suffiront pour rattraper l’écart qui s’est creusé entre l’Allemagne et la France.

Réduire les charges patronales, ce n’est pas une mesure ponctuelle. Par ailleurs, je vous signale une bonne nouvelle : la décision prise au congrès de la CDU de réfléchir sur l’idée de la mise en place d’un Smic en Allemagne. Mais il reste, c’est vrai, la question de l’harmonisation fiscale et sociale en Europe. C’est une de mes priorités : pas de dumping fiscal ou social à l’intérieur de l’Europe.

Comment voyez-vous appliquée la préférence communautaire à l’avenir, vu les distorsions sociales et environnementales entre l’UE et nombre de pays tiers ?

Je vous rappelle qu’au total les agriculteurs français bénéficient de 10 milliards d’euros d’aides européennes chaque année. Ceux qui proposent de sortir de l’Europe sont irresponsables. Je souhaite que soient revues de fond en comble les règles commerciales en Europe avec un mot clé qui est le mot réciprocité. C’est-à-dire qu’on ne devrait faire entrer en Europe que les produits qui répondent aux exigences qu’on impose à nos propres éleveurs et agriculteurs.

Comment y arriver ?

C’est tout le débat sur la politique commerciale de l’Europe. La France est leader en la matière pour faire intégrer le mot réciprocité dans ces négociations.

Vous pensez vraiment pouvoir obtenir une majorité en Europe sur cette question ?

Sur ce point, nos idées progressent de plus en plus, car les gens voient bien que la situation n’est pas normale. L’Europe a tout à perdre du protectionnisme mais aussi tout à perdre de la naïveté. A quoi sert-il d’imposer la traçabilité à nos éleveurs si on fait venir des viandes de pays où le mot traçabilité n’existe même pas ?

Les contrats sont-ils un mal nécessaire pour les agriculteurs ?

Pourquoi le contrat serait-il un mal ? Dans mon esprit le contrat met en présence deux personnes à égalité de droit et de devoir. Peut-on laisser des dizaines de milliers de producteurs face à cinq distributeurs ? Le contrat sera forcément plus protecteur pour le producteur que pour le distributeur. Je crois au contrat parce qu’il met à la charge du distributeur des règles qui vont protéger le producteur. J’y crois parce qu’il permet d’inscrire la production agricole dans l’avenir. L’agriculteur est mieux à même d’investir parce qu’il est assuré que sa production sera achetée. De plus, le contrat oblige les différentes filières de production à s’organiser. L’éparpillement reste un problème pour certaines d’entre elles. C’est le cas des fruits et légumes. Ces contrats nous imposent de revoir les règles de concurrence comme nous l’avons fait avec la Commission européenne en ce qui concerne le lait. Quand des dizaines de milliers de producteurs de lait peuvent se mettre d’accord sur la définition d’un prix moyen à la production, ce n’est pas une entente comme lorsque deux géants de l’informatique se mettent d’accord sur le prix de vente d’un ordinateur. C’est ce qu’on a appelé le paquet lait.

Faut-il le même type de « paquet » pour les fruits et légumes ou la viande?

Je le souhaite. Pour négocier un contrat il faut qu’au sein de chaque filière on définisse un prix moyen de production. L’Etat sera résolument du côté des producteurs pour les aider dans leurs négociations avec la grande distribution. Nous avons également soutenu le développement de la vente directe car il faut que le producteur soit au contact du consommateur.

Avec le développement des contrats, l’Etat va-t-il se défaire de son rôle de régulateur ?

Au contraire, l’Etat peut plus facilement assumer son rôle de régulateur quand les contrats sont transparents et les filières organisées.

Concernant la protection du foncier agricole, allez-vous renforcer les mesures nées de la dernière loi de modernisation ?

Ce qui est dans cette loi est déjà substantiel. C’est la première fois dans l’histoire de France que l’on taxe la plus-value réalisée par un propriétaire sur la vente d’un terrain, lorsque celui-ci ne conserve pas sa vocation agricole. La préservation des terres agricoles est le corollaire d’une politique d’installation. Nous nous sommes fixés pour objectif de réduire de 50 % d’ici à 2020 la disparition annuelle de terres pour l’agriculture. Nous avons créé les commissions départementales de la consommation des espaces agricoles qui rendent un avis sur les opérations qui ont un impact sur le foncier agricole. Nous avons aussi créé un observatoire de la consommation des espaces agricoles pour faire un état des lieux précis.

Cette politique fonctionne puisque le produit de la taxe n’est que de 3 millions d’euros alors que nous en escomptions 40. Cela veut dire que le nombre d’hectares de terres vendus à destination de l’urbanisation se réduit sous la pression de ces commissions et de cette taxe. L’argent est immédiatement redonné à la profession dans le cadre d’appels d’offre pour financer des projets innovants présentés par des jeunes agriculteurs.

C’est la première fois qu’un président se réjouit du fait qu’une taxe ne rapporte pas…

Ce qui compte ce n’est pas que la taxe rapporte mais qu’il y ait moins de terres perdues pour l’agriculture. Cette taxe est un baromètre de notre capacité à préserver les terres agricoles.

 

 

Votre vision de l’agriculture a-t-elle changé au fil de vos déplacements sur le terrain ?

Non. J’avais dit, dès ma campagne de 2007, que je ne croyais pas aux subventions mais aux prix. Et que je ne pensais qu’à la compétitivité et à l’organisation des filières. Ce que j’ai appris c’est que le monde agricole est attaché à ses traditions mais il est, également, extrêmement mobile et attaché à sa modernisation. On peut le faire bouger, beaucoup plus que d’autres secteurs. Il a opéré des mutations exceptionnelles.

Etes-vous toujours sur la ligne de : « l’environnement ça suffit » en agriculture, comme vous l’aviez dit ? Les objectifs fixés par le Grenelle pour le bio et la réduction de phytos sont-ils encore d’actualité?

Ce n’est pas exactement ce que j’ai dit. C’est une erreur d’opposer agriculteurs et environnement. Les premiers intéressés au respect de l’environnement sont les agriculteurs eux-mêmes, ne serait-ce que pour leur santé. Par ailleurs, le développement de l’agriculture bio reste une priorité. La meilleure preuve c’est que nous avons maintenu le crédit d’impôt pour le bio en 2012, malgré les réductions de niches fiscales. En 2011 nous avons consacré 100 millions d’euros au développement du bio. Depuis 2007 les surfaces en agriculture biologique ont tout de même augmenté de 50 % et représentent aujourd’hui 857 000 ha. La tendance se poursuit au rythme de 15 conversions par jour. On ne peut pas dire que le bio ne se développe pas.

Que comptez-vous faire pour rendre les règles environnementales moins complexes et plus lisibles ?

Ce qui pose problème, ce sont les contrôles tatillons sur des textes parfois difficiles voire impossibles à appliquer, et pouvant donner lieu à interprétation. Il faut absolument que les administrations de l’Agriculture et de l’Environnement dialoguent pour appliquer les normes. La politique de l’eau, par exemple, est l’incarnation de la complexité et de l’allègement nécessaire. Je continue à penser qu’il faut des règles environnementales, c’est l’intérêt des agriculteurs mais en même temps il faut comprendre que les agriculteurs doivent pouvoir se battre sur les marchés mondiaux et ne pas leur imposer des contrôles qui prennent la forme de tracasseries administratives auxquelles personne ne comprend rien.

Les agriculteurs ont été un peu troublés de vous voir choisir la ministre de l’écologie comme porte-parole pour votre campagne…

Ils auront certainement noté que j’ai demandé à François Fillon de prendre en charge son ministère, ce qui est un signe. Nathalie Kosciusko-Morizet est quelqu’un de très intelligent, ouvert, ayant parfaitement géré son ministère et qui est tout le contraire d’une personne sectaire.

Faut-il, en France, accepter ou non les OGM ? L’Etat donne des signaux contradictoires.

Là où vous voyez des signaux contradictoires je vois au contraire de la cohérence et de la mesure. Nous n’avons pas accepté la culture du maïs Mon 810 et nous avons décidé de prendre une nouvelle clause de sauvegarde le concernant, à la suite de l’annulation de la précédente clause par le Conseil d’Etat. Cela ne signifie pas que nous sommes totalement opposés aux OGM. Nous avons fait voter une loi en 2008 qui n’interdit pas leur culture mais la soumet à des conditions particulières, il est vrai rigoureuses, pour lesquelles les textes d’application sont en train d’être publiés. Ainsi le seuil d’étiquetage des OGM a été fixé à 0,1 %, ce qui est cohérent puisque c’est le seuil de détectabilité. Et nous avons notifié à la Commission européenne les distances que doivent respecter les agriculteurs entre les OGM et les cultures conventionnelles voisines. Je reste attentif à ce que dira la Commission concernant des OGM ayant subi des conditions d’évaluation renforcées et nous appliquerons alors la loi sur les OGM de 2008. Il est normal que nous appliquions le principe de précaution vu les problèmes de dissémination.

Donc certains OGM pourraient être acceptés par la France ?

Si les conditions scientifiques sont garanties, bien sûr ; ce n’est pas une opposition de principe.

Suite aux critiques émises par la Cour des comptes sur la politique de soutien aux biocarburants, allez-vous continuer dans cette voie?

Oui, pour deux raisons. La première c’est que cela crée un revenu complémentaire aux agriculteurs. La seconde c’est que cela nous permet de remplir les objectifs européens en matière d’émission de CO2. Nous sommes aujourd’hui le leader européen sur le marché du biodiesel et nous avons trouvé notre place sur le marché mondial de l’éthanol. Ces productions ne menacent en rien notre sécurité alimentaire car 10 % de biocarburants dans les transports représentent moins de 3 % de la production de blé. Je me suis engagé à développer cette voie car elle ouvre la voie aux biocarburants de seconde génération. J’attends bien mieux de la seconde génération qui n’existerait pas si nous n’avions pas lancé la première.

Lorsque le prix des matières premières est assez élevé, la viabilité économique de telles filières n’est-elle pas difficile à maintenir à flot ?

Je ne connais pas une seule filière d’énergie renouvelable qui soit viable sans aide. L’énergie renouvelable, par définition, est aidée, sous une forme ou une autre.

Donc il ne faut pas réduire la défiscalisation sur les biocarburants ?

Non, je ne pense pas.

En matière d’énergie renouvelable, le moratoire et les baisses de tarifs successives sont perçues comme une désillusion par les agriculteurs qui s’étaient lancés dans un projet. Quel signal leur donnez-vous ?

En Espagne tout a été arrêté ; en Grande Bretagne le tarif de rachat a été divisé par deux ; en Allemagne il a été diminué de 15 % au 1er janvier 2012. Quand j’ai vu qu’avec les tarifs en vigueur pour le photovoltaïque on aurait rempli en 2012 les objectifs de 2020, je me suis rendu compte qu’il y avait un problème. De plus, ce développement du photovoltaïque risquait d’augmenter le prix de l’électricité vendu par EDF. Enfin, il faut savoir que la quasi-totalité des panneaux solaires sont fabriqués en Chine. Voilà pourquoi j’assume cette décision. Malgré tout, on estime aujourd’hui à un peu moins de 10 000 le nombre d’agriculteurs qui ont bénéficié du soutien au photovoltaïque, soit 200 millions d’euros pour 2011. Pour l’avenir les agriculteurs pourront continuer à présenter des projets d’installation sur toiture, sur les nouvelles bases tarifaires, pour des surfaces inférieures à 1000 m2. Par ailleurs, une priorité de mon second quinquennat, si les Français me font confiance, sera la méthanisation, avec des tarifs de rachat de l’électricité déjà revalorisés en mai 2011. Un soutien à l’injection direct de biogaz dans le réseau de gaz naturel a même été mis en place.

Dans votre discours d’Annecy vous avez critiqué les syndicats et corps intermédiaires ; l’agriculture est-elle concernée ?

Cela vaut pour tous ceux qui sont frappés par la maladie de l’immobilisme alors que le monde bouge. Or, on peut tout dire du syndicalisme agricole, sauf qu’il est immobile. Donc cette remarque ne vaut pas pour lui. Il a non seulement accompagné toutes les réformes de ces dernières années mais il les a, aussi, souvent, imaginées et demandées.

Faut-il élargir la représentation aux autres syndicats ?

Il y a une tradition de négociation avec la FNSEA qui est une bonne organisation et qui fonctionne bien. Et par ailleurs cela n’empêche pas d’avoir des contacts réguliers avec d’autres organisations minoritaires.

La France Forte

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 08:15

C’est dans le département du Nord en compagnie du ministre du travail Xavier Bertrand et de l’ancienne ministre de la Justice Rachida Dati que Nicolas Sarkozy est venu, ce jeudi, défendre son projet sur le travail et sur la formation pour l’accès à l’emploi.

Retrouvez le récit de la journée à Tourcoing, au centre de formation d'apprentis de la rue des Piats, à Lambersart à la rencontre de demandeurs d'emploi ou de personnes en insertion puis à Lille devant plus de 12000 personnes venus l'écouter en cliquant ici .

Vidéo : revivez le meeting sur la France qui veut vivre de son travail

 


Discours de Nicolas Sarkozy à Lille par NicolasSarkozy

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 11:16

presidentielle-006.jpgMercredi 22 février 2012 : Entretien télévisé de Nicolas Sarkozy sur France 2, retrouvez l'intégralité de l'interview retranscrite ainsi que la vidéo.  


Q. – Comme promis, nous recevons maintenant le président de la République désormais candidat. Bonsoir Nicolas Sarkozy.

R. - Bonsoir.

Q. - On va parler en priorité de votre programme, on a envie de savoir si vous avez des propositions. Mais d’abord, un mot du climat de ce début de campagne, climat tendu. Vous-même vous avez, on peut le dire, lâcher vos coups contre François Hollande. Est-ce d'après vous ce que les Français attendent ?

R. - Je ne sais pas de quoi vous parlez. Pour qu'une campagne soit utile, il faut qu'il y ait une confrontation des idées. Si on ne veut pas être critiqué, il ne faut pas être candidat.

Q. - Ça ne va pas au-delà des idées là ?

R. - Peut-être pourriez-vous me citer un mot ?

Q. – « François Hollande ment », dites-vous matin et soir.

R. - Quand on est candidat et qu'on change de position matin midi et soir, c'est quand même une réalité. Si on ne peut pas dire ça, il vaut mieux être candidat tout seul, comme ça on n'est pas critiqué. Ou alors ne pas être candidat. Moi ça fait 5 ans que je suis président de la République, vous trouvez que je n'ai pas supporté beaucoup de critiques ?

Q. - Il y en a eu.


R. - Et je trouve que c'est normal. Et parfois, ces critiques ont dépassé les bornes. J'ai été traité de voyou, quand on m'a comparé à Monsieur Madoff, 182 ans de prison. Quand récemment, un candidat a parlé de moi en disant « sale mec », je cite, ou quand on a dit, le même, que je n'étais « pas normal ». Je n'y ai attaché d'ailleurs aucune importance.

Q. - Vous ne trouvez pas ça injuste, excessif, déplacé ?

R. - Bien sûr, mais une fois que j'ai dit ça que c'était injuste. Dans la démocratie, voyez-vous, c'est la richesse et la force de la démocratie, il faut que chacun accepte sa part de critiques. Je voyage, je vois Barack Obama, je vois aux États-Unis il a beaucoup de critiques, je vois Madame Merkel, je vois tous les dirigeants, il faut accepter cela et l’accepter avec sang-froid.

Q. – Quand on dit que la campagne est tirée vers le bas, vous pensez que c'est un jugement qui n'est pas fondé ?

R. – Mais c'est ce qu'on dit à chaque fois ! Je pense que pour la campagne soit utile, les Français doivent avoir la possibilité de choisir entre des projets, entre des idées, entre des tempéraments, entre des personnes. Et il est normal que ces personnes débattent. Il y a une tradition anglo-saxonne où il n'y a pas de débats. Le même journaliste interroge les différents candidats côte-à-côte qui ne se répondent jamais. Il y a une tradition française, je trouve vraiment que ça n'a pas franchi les bornes, je pense qu'il faut regarder ça avec sang-froid, avec calme, et peut-être un peu de recul.

Q. - Cela fait une semaine tout juste que vous êtes officiellement candidat, vous avez un slogan, « la France forte ». On vous a entendu parler de vos valeurs, on vous a entendu, je le disais, parler de vos rivaux, on a peu entendu vos propositions, à quelques mesures près bien sûr, on en reparlera peut-être d'ailleurs...

R. - Si vous me permettez de dire, ce n'est pas un slogan, c'est une conviction.

Q. - La France forte ?

R. - J'ai voulu dire aux Français qu'il n'y avait pas de différence entre le destin collectif de leur pays, de notre pays, la France, et le leur. Que pour être protégé, il fallait que la France soit forte. Qu’il ne pouvait pas y avoir d'épanouissement individuel dans un pays qui n'était pas fort. Par ailleurs, je n'ai cessé de faire des propositions qui ont fait débat.

Q. - On parlera du référendum.

R. - Le référendum est une grande proposition : redonner la parole au peuple. En cas de blocage, faire trancher par le peuple, c’est une proposition. J'ai demandé par ailleurs que toute personne au chômage qui n'a pas de chance raisonnable de pouvoir trouver un emploi, soit tenue de prendre une formation, une formation qualifiante, et qu'à l'issue de cette formation, elle soit tenue de prendre un emploi qu'on lui propose. C'est une proposition considérable.

Q. - Puisque vous parlez de référendum, n'y a-t-il pas un problème de cohérence ? Regardez ce que vous en disiez vous-même en mars 2007, dans une interview à l'hebdomadaire l'Express. On va relire ces propos « Croyez-vous que si je suis élu, je vais aussitôt dire aux Français, excusez-moi, j'ai besoin de vous demander votre avis sur un autre sujet ? ». Autrement dit, vous sembliez indiquer que la présidentielle en elle-même doit trancher les grands sujets de réformes et qu'il n'y a pas lieu ensuite de consulter les Français. Vous avez changé d'avis ?

R. – Si vous voulez être tout à fait honnête et précis, durant mon premier quinquennat, j'ai sollicité l’avis des Français deux fois par référendum : pour la collectivité unique en Martinique et pour la collectivité unique en Guyane.

Q. - Ce n'était pas des référendums nationaux.

R. - Vous pensez qu'ils sont moins français que les autres ?

Q. - Pas du tout, mais ce n’étaient pas des référendums qui concernaient l’ensemble du territoire.

R. – C’est un référendum. Ministre de l'intérieur, j'avais sollicité l’avis des Corses sur la collectivité unique. La proposition dont vous faites état se rapportait au référendum de 2005 sur l'Europe où les Français avaient dit non. J'avais dit que je trouverais les solutions pour débloquer la situation mais que je ne ferais pas un référendum. Il se trouve qu’à l'époque Madame Royal voulait en faire un.

Q. – Là vous étiez interrogé sur le référendum d’une manière générale…

R. – Et quand il y a blocage, j'ai toujours pensé qu'on faisait trancher le blocage en redonnant la parole au peuple de France. Qu'y a-t-il de non républicain à cela ?
Q. – Rien, mais vous sembliez penser l'inverse il y a 5 ans.

R. – Ce n’est pas vrai. J’ai toujours milité dans la famille gaulliste et dans la tradition de la famille gaulliste le référendum a toujours eu une importance.

Q. - Vous n'avez pas changé d'avis ?

R. - Je peux changer d'avis sur beaucoup de sujets, parce que la vie évolue, parce que ce n'est pas un drame de changer d'avis. En tout cas sur le référendum, non. Après, cela dépend de la question. Je n'ai pas dit qu'il fallait gouverner en choisissant systématiquement la voie référendaire. Je dis par exemple que sur la question centrale de l'immigration, si on veut que les républicains puissent en débattre de façon raisonnable, responsable, mesurée. Notamment sur l'affaire des deux juges qui traitent la même question, il est normal de rendre la parole au peuple français s'il y a blocage.

Q. - On ne risque pas d'opposer les uns aux autres sur des sujets aussi sensibles ?

R. - Trancher un débat, donner la parole au peuple, ce n'est pas opposer, c'est au contraire prendre une décision, prendre une décision sur un sujet sensible, c'est la seule façon de conduire un pays. Pourquoi, vous pensez qu'il faut prendre des décisions que sur les sujets qui n'intéressent pas les Français ? Et qu'eux-mêmes ne sont pas assez intelligents pour donner leur opinion sur la formation des chômeurs, sur notre système d'indemnisation du chômage, ou sur la politique d'immigration qu'ils souhaitent voir ?

Q. - On a parlé d'indemnisation du chômage...

R. - Si ce n'est pas les Français à qui on demande leur avis, à quoi doit-on le demander ?

Q. - Aux partenaires sociaux peut-être, mais c'est vrai que ça figure en préalable du référendum. Y a-t-il dans votre projet d'autres propositions concrètes sur ce thème de l'emploi, du travail ou bien finalement, est-ce que votre projet c'est la continuation de ce que vous avez fait pendant 5 ans ?

R. – Non. Forcément, si les Français me font confiance, si je devais conduire un deuxième quinquennat, forcément il est différent du premier. D'abord parce qu’on apprend soi-même, et deuxièmement parce que le contexte n'a rien avoir. Tout part d'une conviction qui est la mienne, c'est que le monde, l'Europe et la France connaissent depuis trois ans des crises sans précédent. Que nous avons tous les atouts pour surmonter ces crises. Mais pour cela, il faut un pays fort, et la réponse à la crise, c’est valoriser le travail.

Q. - Comment ?

R. - Nous avons pris une décision avec François Fillon qui est au vote du Parlement ce mois-ci, qui est d'alléger puissamment les charges payées par les entreprises pour améliorer la compétitivité de nos entreprises, et arrêter les délocalisations qui font se vider la France de son sang industriel.

Q. – Ça, c'est la TVA sociale. Même si vous n'aimez pas ce terme.

R. – Non, c'est la TVA anti-délocalisation. Il faut que les Français comprennent que si ce qu'on fabrique en France est plus cher que la même chose fabriquée ailleurs, les emplois se délocaliseront. Il faut donc absolument qu'on gagne de la souplesse, et qu'on puisse alléger les charges qui pèsent sur le travail ce qui permettra de garantir les salaires. C'est ce que nous avons décidé. Quand il y a eu ce débat, puisque c’est une décision qui a été votée à l'Assemblée nationale il y a deux jours, beaucoup de Français m'ont dit : « mais, au fond vous allégez les cotisations, les charges payées par les entreprises sur le travail, mais vous n'allégez pas les cotisations, les charges payées par les salariés sur leur salaire ! » C'est vrai. Et c'est la raison pour laquelle je fais ce soir la proposition aux Français, au fond de réformer complètement la prime pour l'emploi. La prime pour l'emploi a été inventée il y a une dizaine d'années. Elle devait permettre, en tout cas aux origines, à quelqu'un qui reprenait un emploi, de ne pas perdre la totalité de ses allocations, pour que reprendre un emploi soit toujours plus « payant » que d'être dans l'assistanat. Or cette prime ne marche pas. Elle consiste à distribuer en moyenne 450 euros par an à 6 000 000 de Français qui ont repris un emploi. Et elle est touchée une fois par an, avec un an de distance. Je propose de la réformer complètement, et d'ajouter autre chose. Je propose que pour les 7 000 000 de salariés français qui sont entre 1 et 1,2 SMIC – c'est-à-dire qui gagnent entre 1200, 1400, 1500 euros –, on supprime des charges qui sont aujourd'hui sur leur salaire pour augmenter le salaire net. En redéployant la prime pour l’emploi et en faisant en sorte que la fiscalité aujourd'hui payée sur les dividendes soit payée au même prix que la fiscalité sur le travail, ça nous permettrait d'alléger pour 7 000 000 de personnes, 4 milliards d’euros de charges, ce qui permettrait d'augmenter le salaire d'un peu moins de 1000 euros par an sur la feuille de paix. Et surtout, ça permettrait de répondre à une question qui m’est posée sans arrêt par les Français : « Comment se fait-il que nous qui travaillons dur, je parle des petits salaires, il nous arrive de rencontrer des gens qui ne travaillent pas, et qui au fond ont des revenus supérieurs au nôtre ? ».

Q. - Pour qu'on comprenne bien, ce serait aux employeurs qui toucheraient d'une certaine manière cette manne venant des dividendes...

R. - Non qu’on comprenne bien, on prendra les 2,5 milliards d’euros que coûte la prime pour l’emploi et on y ajoute 1,5 milliard d’euros de prélèvements sur les revenus financiers pour les mettre au niveau des revenus du travail. Ça fait 4 milliards d’euros parce que je ne veux bien sûr pas dégrader d'un centime le déficit de la France, on n'a pas les moyens, il faut être raisonnable. Ces 4 milliards d’euros, on les enlève de la feuille de paix de 7 000 000 de salariés dont les salaires sont entre 1200 et 1 450 euros.

Q. – Et si les employeurs décident de garder l'argent pour eux ?

R. – Non, ils ne peuvent pas, parce que sur la feuille de paix il y a les cotisations payées par les employeurs, c’est le problème des employeurs, et les cotisations que vous payez vous en tant que salariés de France Télévisions. C’est prélevé, vous payez des cotisations.
On supprime ces cotisations. Pourquoi ? Pour que la feuille de paix augmente, pour que le travail soit davantage rémunéré que l'assistanat, pour que tout le monde soit encouragé à reprendre un travail. Et c'est une question qui m'a été posée : « vous favorisez la compétitivité des entreprises, les gens peuvent le comprendre parce que c’est l'emploi, il faut également favoriser le travail des salariés... »

Q. - Notamment des bas salaires.

R. – Oui, notamment des bas salaires. Voilà une proposition qui ne dégradera pas le déficit, et qui permettra, grâce au recyclage de la prime pour l’emploi et à l’augmentation de la fiscalité sur les revenus financiers, de faire 4 milliards d’euros d'économies prélevées aujourd'hui sur le salaire de 7 000 000 de salariés au niveau de 1200-1450 euros.

Q. - Ce sera la disposition essentielle de votre programme ?

R. – Non, il y en a une autre très importante à mes yeux, c’est la question du RSA. Avec François Fillon, nous avons créé le RSA.

Q. - Et vous avez dit qu'il ne vous donnait pas entièrement satisfaction.

R. - C'est vrai, il faut le reconnaître, c’est-à-dire que le RSA coûte 10 milliards d’euros à la collectivité et aide 1 800 000 foyers, c’est bien. Le RSA a rempli parfaitement son travail comme lutte contre l'extrême pauvreté. Il y a 150 000 personnes. J'entendais votre reportage : quelqu'un disait : « quand on perd deux clients, on peut se retrouver à la rue ». Non ! Parce qu’en France, à la différence des États-Unis, il y a ce qu'on appelle des filets de protection.

Q. - Le RSA.

R. - L'État, la Sécurité sociale ne vous laissent pas tomber, dont le RSA. Mais il y a un problème avec le RSA, c’est que pour lutter contre la pauvreté, c’est efficace, pour réinsérer les gens dans le marché du travail, ce n’est pas suffisant. Je propose donc qu'on généralise l'expérimentation que nous avons faite : quelqu'un qui est au RSA, qui n'a pas d'emploi et qui n'est pas en formation, devra faire sept heures de travail d'intérêt général par semaine, rémunérées au niveau du SMIC. Je pense que vis-à-vis de ceux qui travaillent et qui paient les 10 milliards d’euros par leurs cotisations, c'est la logique des droits et des devoirs. Et tous les ans, celui qui a un RSA, on évaluera sa situation. Est-ce qu'il recherche un emploi ? Suit-il une formation ? Est-ce qu’il a fait le travail d'intérêt général ? S'il n'y a pas de problème, il continuera à avoir le RSA.

Q. - Je crois que l'expérience est menée dans deux départements ?

R. - Dans quelques départements.

Q. - Vous n'attendez pas la fin de l'expérimentation ?

R. – Cette expérience est un succès, mais surtout il faut que vous compreniez une chose, les Français sont généreux et les Français sont solidaires. Mais il y a un sentiment d'injustice double, l'injustice devant certains salaires et je le comprends, je vais en dire un mot. Et puis il y a l’injustice de celui qui a 1200, 1300, 1400 euros sur qui on prélève des charges, qui est tout à fait d'accord pour jouer le jeu de la solidarité, mais qui demande de ceux qui sont dans la situation d'être aidés par la collectivité nationale, des devoirs en échange de droits que personne ne leur conteste.

Q. - Injustice des hauts salaires, ça veut dire que vous envisagez de les encadrer ?

R. - Oui.

Q. - Vous parlez des salaires des dirigeants ?

R. - Il faut dire une chose. D'abord, ça ne concerne pas l’immense majorité des chefs d'entreprises qui sont des gens raisonnables, mais il y a une infime minorité qui a beaucoup choqué les Français en faisant vraiment n'importe quoi. J'ai pensé un moment qu'on pouvait en appeler à la responsabilité.

Q. - Vous en avez parlé au discours de Toulon...

R. - Et ça il faut bien le dire, il y a des gens on se demande à quoi ils réfléchissent. Je vais proposer aux Français la chose suivante. Dorénavant, les rémunérations des plus hauts dirigeants devront être votées, non pas par le conseil d'administration – où, en général, il y a beaucoup d'amis – mais par l'assemblée générale des actionnaires. Les rémunérations des dirigeants devront être publiées dans les documents légaux que doit publier l'entreprise. Et enfin, que le comité de rémunération, qui fixe la rémunération des plus hauts dirigeants, il y ait systématiquement un représentant des salariés. Il est normal que les salariés d'une entreprise puissent donner leur opinion sur le salaire de celui qui, tout en haut, dirige cette entreprise. J'ajoute deux derniers mots maintenant, il faut interdire les retraites-chapeaux.

Q. - Les interdire purement et simplement ?

R. - Les interdire.

Q. - Par la loi ?

R. - Bien sûr, c'est le seul moyen de l'interdire. On a beaucoup augmenté la fiscalité, mais là encore, et je le dis très simplement, il y a une partie des dirigeants qui ne veulent pas comprendre que le monde d'aujourd'hui est différent, qu'il y a des choses qui choquent, et qu'on ne peut pas accepter. Au fond, je parle des retraites-chapeaux des hauts dirigeants...

Q. - Très grands dirigeants.

R. - Parce ce qu’il peut y avoir des retraites-chapeaux pour un certain nombre de cadres intermédiaires, je ne vise pas cela.

Q. – Pour que ce soit clair, une loi pour interdire les retraites-chapeaux des grands dirigeants ?

R. - Et les parachutes dorés. Après tout, quand on est salarié d’une entreprise, on n’a pas le droit à une retraite-chapeau, on n’a pas le droit à un parachute doré. Il faudra les interdire. Enfin, dernier élément sur le travail auquel je tiens beaucoup, il faut absolument qu'on débloque la situation des jeunes par rapport à l'emploi. Et il y a une réponse et une seule, c’est l'apprentissage. Après en avoir beaucoup parlé avec un certain nombre de gens qui connaissent bien ce sujet, notamment Claude Allègre, je voudrais proposer un complément à la réforme du bac professionnel : que la troisième année soit systématiquement en apprentissage, en alternance, dans l'entreprise. Rien que cette décision, ça ferait 250 000 jeunes de plus en entreprise. Comme nous avons par ailleurs renforcé l'obligation des entreprises pour faire la place aux jeunes en apprentissage, le travail, l'effort, le mérite, c'est la réponse à la crise.

Q. - Deux questions encore, peut-être plus personnelles.

R. - C'est très personnel aussi !

Q. - C'est votre programme. Mais en ce qui concerne vous-même, vous avez indiqué il y a quelques jours : « J'ai commis des erreurs ». Sans dire lesquelles. Est-ce que le candidat Nicolas Sarkozy souhaite maintenant évoquer ses erreurs ? Est-ce que vous le ferez dans la campagne ?

R. - On m'a posé 2 questions. Je suis très heureux de l'importance qu’on donne à ces déclarations, mais c'est extraordinaire. Y a t-il une personne qui nous regarde qui puisse se dire « je n'ai pas commis d'erreur » ? On m'a posé la question, si c'était à refaire, est-ce que vous feriez les choses exactement pareil, je réponds non.

Q. - Mais vous n'avez pas dit lesquelles.

R. - Attendez, j'ai répondu non parce que c'est normal, il faut être honnête, il faut dire les choses, parce qu'on n'a pas tout réussi. J'ai essayé de me donner le plus de mal possible, je me suis engagé dans mes fonctions à un point que vous n'imaginez pas. Tout n'a pas marché, tout n'a pas fonctionné. S'il y avait des choses à refaire différemment, je les referais différemment. Pour dire simplement, j'ai appris ma fonction de président. Vous savez, vous sortez d'une campagne, les Français vous font confiance et tout d’un coup, vous vous retrouvez, d'une minute à l'autre, avec le poids de la cinquième puissance du monde sur les épaules. On découvre. J'avais au début une réaction de ministre, la réactivité, l'émotion, la rapidité. J'étais déjà président, c'est-à-dire la distance, la lucidité, le sang-froid. Ce ne sont pas les mêmes qualités. Donc oui.

Q. - Allons un peu plus loin, certains disent que ce qu'on vous reproche, vos adversaires mais aussi certains de vos amis, c'est plus de l'ordre du comportement de président, que de la politique. Il évoque certains symboles du début de votre quinquennat, notamment la soirée au Fouquet’s, vous n'avez jamais vraiment évoqué ces sujets-là. Pourquoi ? Est-ce que vous regrettez cet épisode-là ?

R. - Bien sûr, franchement, si c'était à refaire, je ne reviendrais pas dans ce restaurant, puisque ça a été vraiment le feuilleton. J'aurai l'occasion d'en parler aux Français. Mais franchement, si après trois années de crise, cinq années de mandat, c’est la grave erreur qu'il faut que je confesse...

Q. - Un symbole.

R. - Monsieur Pujadas, quand je revois l'histoire de la Ve République avec un certain nombre de scandales retentissants, du Rainbow Warrior, de visites de chefs d’État français à des dictateurs, ou de réception du général Jaruzelski ou des choses comme ça... Mais enfin, je dois assumer ma part de responsabilités. On m'a posé une deuxième question, on m’a dit : « Est-ce que ça vous arrive de penser à l'échec, et d'imaginer l’échec ? » Mais bien sûr, je vais à cette campagne comme candidat, je dis aux Français que j'ai besoin d'eux pour que la France soit forte, mais le jour où on imagine que l’échec n'est pas possible, alors ce jour-là, dans sa vie personnelle comme dans sa vie professionnelle, on perd ce à quoi on est attaché. Les choses sont fragiles, Monsieur Pujadas.

Q. - Toute dernière chose, vous vous apprêtez à publier un livre, est-ce que vous en avez le titre et quel en sera le propos ?

R. – Mais vous êtes mieux informé que moi ! Je n'exclus pas cette possibilité, mais ce n'est pas le moment. Et je voudrais vous dire une chose qui est assez complexe, c’est que les Français souffrent, il y a la crise, les Français ont envie qu'on parle d’eux, pas de moi. Et en même temps, je comprends parfaitement votre question.

Q. - C'est aussi une curiosité qu'ils ont peut-être...

R. - Mais bien sûr, naturellement. J'étais dans une usine, on déjeunait à la cantine de chez Alstom, qui est une entreprise que j'aime beaucoup et les personnes avec qui je déjeunais m’ont posé beaucoup de questions sur moi, sur mes habitudes. Mais il faut à la fois dire sa vérité et en même temps comprendre que ce n'est pas le cœur du débat. Le cœur du débat, c'est notre pays, c’est l'avenir des Français, c’est la réponse aux angoisses qu'ils ont, comment on va leur trouver un emploi, comment on va améliorer la sécurité, comment on va réduire les déficits de la France. C’est tout de même extraordinaire tout ça. Je fais campagne, en vérité... Vous parliez de Monsieur Hollande tout à l'heure, il ne propose pas une seule économie. Hier à l'Assemblée nationale, je pensais que l'ensemble de la représentation nationale voterait à l'unanimité le traité européen, il m'est arrivé de voter les textes de François Mitterrand sur l’Acte unique, sur la monnaie unique. Pourquoi ? Parce que c'est la France. Quand vous pensez que Monsieur Hollande et ses amis se sont abstenus.
C'est-à-dire même l'Europe devient quelque chose où ils ne s'engagent pas parce que c'est moi qui propose.

Q. - On termine par là où on a commencé.

R. - Vous vous rendez compte. Chacun d'entre nous, on a nos convictions, on n'est pas pareil, on a nos idées, il faut les défendre avec force. Mais il y a des sujets qui doivent transcender l'intérêt général. Sur l'Europe, quand vous pensez que c'est la fille de Jacques Delors, grand européen, qui est à la tête du Parti socialiste et que le Parti socialiste s’abstient. Mais vous imaginez, les vingt-sept pays, il y a des socialistes à la tête de ces pays, qui ont voté le traité. Il faut prendre ses responsabilités, il faut avoir un minimum de courage. Tout n'est pas dans l'esprit partisan ou dans la bataille politicienne.

Q. - Merci Nicolas Sarkozy d’avoir accepté notre invitation ce soir.

R. - C'est moi que vous remercie de m'avoir invité.

La France Forte

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 20:08

presidentielle-005.jpgLe président-candidat, Nicolas Sarkozy, était l'invité du journal de 20H00 de France 2, mercredi 22 février. Il a exposé notamment deux propositions concrètes pour faire face à la crise.

Meetings, visites sur le terrain, interventions dans les médias, Nicolas Sarkozy est entré rapidement en campagne depuis son annonce de candidature, le 15 février.

Après ses deux premiers meetings à Annecy puis à Marseille, et avant celui de Lille, jeudi 23 février, le président candidat Nicolas Sarkozy a répondu aux questions de David Pujadas, mercredi soir.

La première question a porté sur la "dureté" de la campagne.

20h14 - Je ne sais de quoi vous parler. Pour qu'une campagne soit utile. Il faut qu'il y ait confrontation d'idées.

Cela fait cinq ans que je suis candidat. Vous croyez que ls critiques n'ont pas dépassé les bornes.

20h16 - Il faut regarder cela avec sang-froid et avec un peu de recul.

Sur la France forte

20h16 - Ce n'est pas un slogan, c'est une conviction personnelle.

Le référendum est une conviction : redonner la parole aux peuples. Durant mon premier quinquennat, j'ai sollicité deux fois les Français par référendum. Pour la collectivité unique en Martinique, pour la collectivité unique en Guyane.

Quand il y a blocage, j'ai toujours pensé qu'on faisait trancher le blocage en redonnant la parole au peuple de France. J'ai toujours milité dans la famille gaulliste et dans la tradition de la famille gaulliste le référendum a toujours eu une importance.

Je peux changer d'avis sur beaucoup de sujet parce que la vie évolue, parce que ce n'est pas un drame de changer d'avis, en tout cas sur le référendum, non.

Sur la question centrale de l'immigration, si on veut que les républicains puissent en débattre de façon raisonnable, responsable, mesurée... il est normal de rendre la parole au peuple français, s'il y a un blocage.

Trancher un débat, donner la parole, ce n'est pas opposer, c'est au contraire prendre une décision.

Deux propositions anti-crise

20h20 - Si les Français me faisaient confiance, si je devais conduire un deuxième quinquennat, forcément il est différent du premier.

Le contexte n'a rien à voir. Nous avons tous les atouts pour surmonter cette crise, mais pour cela, il faut un pays fort et la réponse à la crise, c'est valoriser le travail.

Nous avons pris une décision avec François Fillon, qui est au vote du Parlement ce mois-ci, qui est d'alléger puissamment les charges payées par les entreprises pour améliorer la compétitivité de nos entreprises et arrêter les délocalisations qui font se vider la France de son sang industriel.

C'est la TVA anti-délocalisation.

Je fais ce soir la proposition aux Français, de réformer complètement la prime pour l'emploi (PPE, ndlr). Cette prime ne marche pas. Elle consiste en gros à distribuer 450 euros par an à six millions de Français qui ont repris un emploi.

Je propose que les sept millions de salariés Français, sept millions qui sont entre 1 et 1,2 SMIC, c'est-à dire qui gagne entre 1.200 et 1.500 euros, on supprime des charges qui sont aujourd'hui sur leurs salaires, pour augmenter le salaire net en redéployant la PPE, et en faisant en sorte que la fiscalité, aujourd'hui payée sur les dividendes, soit payée au même pris que la fiscalité sur le travail.

Ce qui permettrait d'augmenter le salaire d'un peu moins de 1000 euros par an sur la feuille de paye.

France TV

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 07:22

presidentielle-003.jpgNicolas Sarkozy s'est rendu, ce mardi, auprès des ouvriers de l’usine Alstom d’Aytré, près de La Rochelle.

A cette occasion, le Président a rappelé son combat réussi pour sauver le groupe en 2004, lorsqu'il était ministre des finances, et sa ténacité dans les négociations européennes difficiles. "Alstom, qu'on disait mourant, est devenu le fer de lance de l'industrie ferroviaire française." "Huit ans après, je demande à chacun de juger non pas sur des mots mais sur des actes".

Fort de ce bilan, il a salué la "pépite industrielle" qu'était devenue Alstom et présenté l'usine d'assemblage de TGV et de tramways d'Aytré, comme "le symbole d'une France industrielle et ouvrière qui ne veut pas mourir". Saluant le savoir-faire des ouvriers dans le domaine ferroviaire, le Président de la République a défendu la nécessité de ne jamais abandonner face aux difficultés pour que la France garde ses usines : "Ca n'est jamais fichu, on n'a pas le droit de baisser les bras". Tout comme il l'a fait pour Alstom ou encore pour les chantiers navals de Loire Atlantique, Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il "ferait tout" pour que le site de Florange d'Arcelor-Mittal rouvre en Moselle, en ajoutant s'être "entretenu le matin même avec les dirigeants" de l'entreprise sidérurgique. Ferme et résolu, le Président de la République a ajouté : "On peut se tromper, ça m'est arrivé, on peut échouer, ça m'est arrivé, mais on n'a pas le droit de ne pas tenter (...), jamais je ne renoncerai, jamais".

Nicolas Sarkozy a notamment souligné, dans cette même perspective de préservation des emplois, les bénéfices de la TVA "compétitivité", soulignant qu'il fallait impérativement "alléger les charges sur le travail pour garder nos emplois, parce que sans emplois, il n'y a pas de pouvoir d'achat".

Après un déjeuner à la cantine de l'usine en compagnie des ouvriers, le chef de l'Etat a dialogué avec les représentants syndicaux à huis clos. Il a ensuite poursuivi son déplacement dans le village des Boucholeurs, qui avait été ravagé par la tempête Xynthia dans la nuit du 27 au 28 janvier 2010. Le Président est venu constater l’état d’avancement des mesures de protection et de sécurité prises depuis cette catastrophe nationale, notamment pour les habitants de la "zone noire" décrétée inhabitable après le passage de la tempête. Le Président a salué le courage des sinistrés des Boucholeurs, exemplaires par leur ténacité et leur solidarité dans l'épreuve.

" Aidez-moi dans ce combat, pour que la France soit forte, pour que la France relève le défi d'aujourd'hui et pour que cette campagne soit utile à la France" a t-il demandé aux habitants du village, à l'issue de cette journée chargée, débutée à l'aube au marché de Rungis.

La France Forte

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 13:00

presidentielle-002.jpgAujourd'hui, devant plus de 15 000 personnes, au Parc Chanot de Marseille, Nicolas Sarkozy est venu parler de son combat pour la France qu'il aime. " J'y vais avec une force de conviction à proportion de l'amour que j'ai toujours éprouvé pour ce pays " a lancé le candidat sur les acclamations de l'assistance.

A travers une vraie déclaration d'amour au pays, le Président de la République a placé la France au coeur de sa campagne. “ Il n’y a pas de combat supérieur à celui que l’on mène pour son pays”. " La France, c’est le nom que nous donnons à la solidarité entre les Français d’aujourd’hui, et la solidarité entre les générations. C’est ce qui nous appelle à ne jamais sacrifier l’avenir au présent. La France, c’est le nom par lequel nous disons le mieux notre amour à nos enfants et à nos petits-enfants. C’est aussi le mot qui nous fait nous souvenir avec respect et avec tendresse de ceux qui nous ont aimés assez pour nous laisser ce pays magnifique."

Nicolas Sarkozy a particulièrement évoqué la situation économique du pays et souligné l’importance des crises successives qui l'avait touché depuis 2008 en réitérant que la France avait évité le pire. "Nous avons réussi à éviter la catastrophe". " Ceux qui font comme si rien de grave ne s'était passé depuis trois ans dans le monde (...) mentent aux Français". "Occulter la crise, c'est malhonnête et c'est dangereux.". "On ne se défend pas contre des périls dont on nie l'existence ", a ajouté le chef de l'Etat.

" Si la France a mieux résisté que d’autres, c’est qu’elle a puisé sa force dans ce qu’elle avait de meilleur en elle, dans ce qui lui a toujours permis de surmonter les pires épreuves, de demeurer un grand pays. Je veux parler du travail, de l’effort, du courage et de l’intelligence, des valeurs de responsabilité et d’autorité".

Le Président de la République, fort de son bilan, s'est affirmé comme le candidat du courage et de la vérité.

Revenant sur l'accord entre le parti socialiste (François Hollande) et Europe Ecologie - les Verts (Eva Joly) qui prévoit de faire chuter la part du nucléaire dans la production d'électricité et de détruire ainsi près de 400 000 emplois dans les usines et les centrales de France, le chef de l'Etat a accusé les responsables politiques concernés d'"oublier la France" et de "voler quelques voix sur le tapis vert des négociations partisanes."

Le Président de la République est revenu sur les revirements successifs du candidat socialiste et sur son manque de positions claires : "Où est la vérité quand on fait semblant d’être Thatcher à Londres et Mitterrand à Paris?". "A peine a-ton compris la bonne proposition qu’elle est retirée. Ce n’est pas comme ça qu’on dirige un pays qui est la 5ème puissance mondiale."

" Je ne serai pas le candidat d'une petite élite contre le peuple". Nicolas Sarkozy a plaidé une nouvelle fois pour un plus grand recours au référendum. "Le référendum, c’est l’esprit de la 5ème République et la 5ème République on lui doit beaucoup." Le Président de la République s'est, en outre, prononcé en faveur d'une modification "à la marge" du mode de scrutin aux élections législatives

La France Forte

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 12:22

presidentielle-001.jpgCe samedi 18 février, Nicolas Sarkozy est venu inaugurer son siège de campagne,
dans le 15ème arrondissement de Paris.
Un QG sobre et modeste dans un quartier de classes moyennes,
 "les gens à qui je veux d'abord m'adresser "a t-il précisé à plusieurs reprises.

Arrivé à pied, entouré de militants et de soutiens venus nombreux pour l'accueillir, il
 a fait le tour des bureaux et transmis son énergie et sa détermination à toute
son équipe, forte d'une trentaine de personnes. "Je ne veux pas d'une équipe pléthorique,
 je veux une équipe jeune et ramassée" a t-il expliqué.
 
Nicolas Sarkozy a insisté sur sa volonté d'aller inlassablement sur le terrain, à la
rencontre des Français, débarrassé des lourdeurs du protocole présidentiel, pour mener 
une "campagne du XXIème siècle".



Le candidat a, enfin, confirmé que Nathalie Kosciusko-Morizet serait la porte-parole de sa
campagne et quitterait donc le gouvernement dans les prochains jours. Elle est " ferme
 dans ses convictions et en même temps elle n'est pas agressive. C'est exactement la
campagne que l'on veut mener, une campagne ouverte, une campagne
projet contre projet, une campagne avec de la passion bien sûr mais sans
intolérance, sans crispations inutiles, sans polémiques d'un autre siècle ".

La France Forte

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