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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 06:10

urbanisme-01.jpgNous sommes des banlieusards en puissance ! En dix ans, dit l'Insee, le territoire urbain n'a cessé de se densifier et de s'étendre, surtout dans l'aire urbaine de Toulouse qui compte 1,2 million d'habitants. Nous habitons de plus en plus loin et passons de plus en plus de temps dans les transports.

Tous banlieusards ! On parcourt des distances de plus en plus grandes pour aller travailler dans les villes. Midi-Pyrénées la rurale n'échapperait donc plus à la règle, comme le confirme la dernière enquête de l'Insee consacrée à l'aire d'influence des grands pôles urbains. Une étude lourde qui donne la pleine mesure de ce qu'on désigne sous le terme d'étalement urbain, phénomène que personne ne parvient vraiment à enrayer malgré la réglementation des SCOT et autre PLU. Que nous habitions Montauban, Auch, Pamiers ou Gaillac, nous dressons le même constat : c'est le coût du foncier qui fixe la règle. Les prix prohibitifs de l'immobilier à Toulouse nous poussent à résider toujours plus loin, d'autant que nos prétentions n'ont guère changé au fil des dernières décennies : nous privilégions la maison individuelle dans des communes périphériques qui ont construit des lotissements à tour de bras pour accroître leurs rentrées fiscales.

L'aire urbaine de Toulouse, 4e de France

En dix ans, les villes ont gagné plus de 1 200 km2. C'est dix fois l'étendue de Toulouse intra-muros et onze fois celle de Paris et 7 000 de plus que Lyon. Comme le rappelle le géographe Robert Marconis, au-delà des agglomérations, se sont dessinées depuis plus de 30 ans de vastes couronnes périurbaines. Celles-ci imposent à ces nouveaux citadins d'importants déplacements quotidiens pour occuper des emplois majoritairement localisés dans les zones les plus denses.

L'aire urbaine de Toulouse est à ce titre la plus caractéristique. Classée 4e de France, elle concentre un emploi sur deux de Midi-Pyrénées et sa population croît de 13 % par an. C'est plus que Bordeaux ou Nice. Dans ce territoire, plus de 40 % des actifs résidents travaillent dans une autre commune.

Entre 1999 et 2008, les zones urbaines ont gagné 103 000 habitants, dont 49 000 dans la seule commune de Toulouse où la densité est passée de 942 à 1 066 habitants par km². On peut y voir les effets de politiques visant à stopper l'étalement urbain, mais avec des effets pervers que nous supportons tous les jours. Nos difficultés à nous déplacer, les bouchons aux entrées de ville et sur la rocade en sont l'illustration.


Le chiffre : 1 00 000

habitants > Entre 1999 et 2008. L'agglomération de Toulouse a gagné cent mille habitants, répartis pour moitié dans la ville-centre, pour moitié dans la banlieue. L'agglomération de Pamiers compte 17 % d'habitants en plus, Montauban 13 %.

« En 10 ans, le territoire urbain a gagné 1 200 km2, soit deux fois la superficie de Toulouse. »

Robert Marconis, géographe, professeur des universités.


Le business fertile des terres agricoles

Les terres agricoles françaises valent de plus en plus cher. L'Agreste, l'Agence de la statistique du ministère de l'Agriculture en a fait le constat en agrégeant les prix de ces 13 dernières années. Elle a ainsi constaté une hausse moyenne de 66 % des prix entre 1997 et 2010. Midi-Pyrénées, première région agricole de France en ce qui concerne la superficie, n'échappe pas à cette tendance, avec des prix qui ont réellement flambé aux abords de Toulouse.

Car, contrairement à il y a dix ans, les agriculteurs ne sont plus les principaux acheteurs de ces terres à labourer. Les collectivités et les particuliers pèsent désormais pour un bon tiers de la demande, ce qui, logiquement, accompagne les prix à la hausse. Sur Midi-Pyrénées, l'expansion de Toulouse, qui accueille toujours quelque 15 000 nouveaux arrivants chaque année, est consommatrice d'hectares. Après une pause en 2009, la demande est repartie à la hausse. Elle grignote chaque année près d'un millier hectares. Les prix restent donc soutenus, entre 4000 et 5000 euros à l'hectare dans le Grand Sud, et même parfois plus de 10 000 euros l'hectare sur certaines zones du département de la Haute-Garonne, hors terres viticoles.

Cette envolée des prix a des répercussions sur le prix de ventes des terrains aux abords de la sphère toulousaine. Mais elle pénalise surtout l'installation de nouveaux agriculteurs dans le Grand Sud. Ce barrage est renforcé par les mauvaises perspectives du secteur agricole (baisse des aides de la PAC, flambée du prix des matières premières…) et limite les transmissions d'exploitation.

Paradoxe français : le Gers, la Haute-Garonne et les Landes observent une tendance inverse. Selon le bureau d'études des Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural (Safer), les agriculteurs trustent encore 70 % du marché des terres agricoles.

Étalement urbain : "Sans solutions"

Robert Marconis, géographe, professeur des universités.

Qu'est ce qui a changé fondamentalement en dix ans ?

Depuis 1999, la surface totale occupée par les agglomérations urbaines a progressé de 20 %. Le territoire urbain a gagné 1 200 km2, soit deux fois la superficie de Toulouse. En Midi-Pyrénées, on a assisté à un double mouvement : d'un côté, un phénomène de densification, de l'autre, la poursuite de l'installation de citadins de plus en plus loin. Jusqu'alors, on croyait à tort que c'était les campagnes lointaines qui se repeuplaient. En fait, c'est l'urbain périphérique qui s'étendait.

On se met au diapason des grandes métropoles ?

On est sur la logique de Paris et des grandes métropoles, sauf qu'à Toulouse, la diffusion du phénomène périphérique est plus accrue. Pourquoi ? Sans doute en raison du manque d'obstacles majeurs à cet étalement, à commencer par l'absence de relief. Avec un gain annuel de 20 000 habitants depuis 1999, l'aire urbaine de Toulouse se classe au 4e rang national avec plus de 1,2 million d'habitants.

La problématique de l'étalement urbain était évoquée lors des 6e Assises du Développement durable à Toulouse ?

Tout le monde tente de freiner cet étalement mais sans vraiment y parvenir. Le prix du foncier fixe la règle. La demande reste forte en maisons individuelles et en terrains plutôt bon marché. Tout le monde tente de corriger cet étalement en densifiant, mais l'exercice n'est pas aisé car il faut préserver en même temps une certaine qualité de la vie. Et l'arbitrage sera toujours le temps de transport.

Comme à Paris, l'immobilier toulousain est inabordable ?

Ce n'est pas qu'à Toulouse. Le même phénomène se retrouve en banlieue. Les restrictions apportées à l'urbanisation diffuse font que les stratégies d'urbanisme vont au-delà des zones contraintes. Dans les Scot en cours de préparation, il y a bien la volonté de privilégier la densification. Mais est-ce appliqué ? Les pratiques ne vont-elles pas au-delà des limites ?

La Dépêche du Midi

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