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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 07:55

TLT-01.jpgLa réorientation de Télétoulouse (TLT) autour de son nouveau Pdg Philippe Joachim s’expose potentiellement à de sérieux ennuis. Décryptage.

En 2013, il était prévu que la télévision locale toulousaine, en déficit depuis de nombreuses années, reçoive un bon coup de collier de la part de ces actionnaires. Mais le projet de réorientation imaginé et conduit avec l’appui du Conseil régional de Midi-Pyrénées relèverait, pour certains, bien plus d’un coup de pouce à un ami.

Résumons: il y a quelques mois, l’actionnariat de TLT, principalement animé par la mairie de Toulouse (51%) et le groupe La Dépêche (20%), décidait d’une augmentation de capital puis d’un rapprochement avec le conseil régional de Midi-Pyrénées par le biais d’un Contrat d’objectif et de moyens (COM). Ce contrat prévoit un apport financier de 1,5 millions d’euros sur 3 ans pour l’édition d’un service de télévision destiné aux informations relatives à la vie régionale. Parallèlement, une assemblée extraordinaire réuni le 20 décembre dernier, procédait à la nomination au poste de Pdg de la chaîne de Philippe Joachim, directeur de cabinet de Martin Malvy, président du Conseil régional de Midi-Pyrénées.

Un nouveau Pdg dont le CV affiche plusieurs années pour la chaîne Arte en qualité de conseiller du président Jérôme Clément, mais dont la fonction actuelle n’a pas manqué de faire réagir.

Si le Canard Enchaîné ironisait en écrivant qu’« il y a encore quelques socialistes qui savent gérer leur communication, dans ce pays », l’affaire ne fait pas du tout rigoler l’opposition de Martin Malvy au Conseil régional.

Jacques Thouroude, président du groupe d’opposition UMP/UDI « Osons Midi-Pyrénées» dénonce la « mise en coupe réglée d’un média audiovisuel aux frais du contribuable midi-pyrénéen». Assurant que le budget TLT de la région regarde directement le cabinet du président et dénonçant que les modalités du plan de sauvetage ont été directement établies par Philippe Joachim, il parle d’ « un cas d’école de conflit d’intérêt».

Le nouveau Pdg fixé sur son sort le 22 janvier

Le jour même de la nomination de Philippe Joachim, le groupe de Jacques Thouroude profitait de la séance plénière du Conseil régional pour protester, en quittant l’hémicycle au moment du discours de politique générale du président Malvy.

Face aux critiques, Philippe Joachim a fait choix, le jour même de sa nomination, de saisir la Commission de déontologie de la fonction publique. Il a d’ailleurs suspendu sa prise de fonction, initialement prévu le 2 janvier 2013, à l’avis de cette commission. Logiquement, il devrait être rendu le mardi 22 janvier prochain, date de la prochaine séance concernant la fonction publique territoriale.

Vers une saisine de la Chambre régionale des comptes ?

Un avis qui ne constituera pas, faut-il croire, une fin en soi pour les opposants à cette réorientation. La droite régionale a d’ores et déjà choisi d’interpeller un autre organisme.

« Nous avons décidé d’interpeller le CSA, annonce la conseillère régionale UMP Élisabeth Pouchelon, par un simple courrier afin de connaître son avis sur la situation et surtout s’il a, à un moment donné, regarder ce dossier de près ».

Élisabeth Pouchelon assure également que « nous n’excluons pas d’aller plus loin dans notre démarche en examinant précisément le contrat d’objectifs et de moyens signé entre la région et TLT par une saisine de la chambre régionale des comptes ». Les élus UMP ont effectivement repéré que le premier tiers de la somme prévue par ce contrat, c’est-à-dire 500 000 euros, a déjà été versé pour l’année 2012, sans, estiment-ils, que l’objectif de régionalisation du contenu éditorial de la chaîne, prévu par le contrat, n’ait été réalisé…

D’autres aspects du dossier ne manque pas d’interpeller opposants et simple observateur comme le fait que la régie publicitaire d’un média soutenu par le financement public bénéficie à un privé, en l’occurrence le groupe La Dépêche. Quid, également, d’une prétendue régionalisation d’une télévision locale par un financement public à l’heure où l’argent public peine à soutenir les antennes régionales de France Télévisions ?

Lui aussi interpellé sur ce dernier point, le président de France Télévisions Rémy Pflimlin, s’est, selon nos informations, d’ores et déjà penché sur un dossier TLT qui apparaît comme de plus en plus contesté…

La Voix du Midi

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Publié par Pascale Binet - dans Région
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