Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Archives

17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 06:14

moudenc 43Le 4 mai dernier, j’étais interviewé par le site J’aime Toulouse.

Retrouvez cet entretien ci-dessous.

A un an des municipales, on vous sent à la fois solide et serein pour partir à la reconquête du Capitole. Bien plus qu’en 2008. Pourquoi cette métamorphose?
Après une traversée du désert et la déception, les élections législatives de juin 2012 m’ont conforté dans ma volonté de revenir plus fort. Nous avions alors renversé la logique politique qui donnait tous les chances aux socialistes dopés par la victoire d’Hollande. J’aborde les échéances municipales de 2014 plus fort, plus fort que le maire sortant que j’étais en 2008.

Vous sentez-vous le leader de l’équipe de l’opposition et quand allez-vous présenter votre projet?
On est leader que si on le manifeste. Et moi, je le manifeste. Mais affirmer ce leadership, c’est aussi composer une équipe qui aura des compétences très larges, et où la société civile aura une large place. Les choix que je ferai seront davantage avec mon idée qu’avec des compromis. Les Toulousains ne sont pas à la recherche d’un one-man show politique et ne veulent plus du dogmatisme sectaire de l’équipe en place. Ils veulent du pragmatisme et des solutions pour atteindre des objectifs cohérents. Dans mon livre sur les 12 défis sur la ville métropole, je fais une réflexion sur l’état catastrophique des lieux. Je dévoilerai mon projet lors de l’automne-hiver prochain.

Comment jugez-vous aujourd’hui l’action de l’équipe en place? Critique évidemment
Pire, depuis son arrivée en 2008, le maire et les siens imposent un sectarisme absolu. Ils n’acceptent aucune respiration démocratique. C’est une vraie mise au pas. Ils consacrent leur temps à verrouiller au lieu de présenter des projets. Car, lisez mon livre, la majorité des grands projets actuels sont le fait de mon ancienne équipe. Et je préviens les Toulousains: si cette majorité socialiste est reconduite en 2014, ce sera une totale chape de plomb qui mettra sous sa coupe toutes les institutions, tous les services et toutes les associations.

Et votre sentiment sur le maire Pierre Cohen?
Je vais être sévère, je le compare à un instituteur prussien qui enseignerait à la dure dans l’ancienne RDA. Je concède que dans son histoire, Toulouse est une ville de gauche , mais bigarrée; la municipalité actuelle n’a pas compris que cette ville n’aime pas être muselée, encagée dans un dogmatisme virulent. Nous devons lutter contre un esprit de système alors que Toulouse revendique un esprit de liberté, voire libertaire.

Vous critiquez aussi une forme de laxisme qui atteint l’identité de la ville? Explications.
Ce laxisme est induit par un manque de modestie de cette équipe. Elle s’autorise tout et autorise tout de ce fait. Voilà pourquoi, on vit des phénomènes communautaristes. Ne nous voilons pas la face. Des communautarismes qui sont autant nuisibles pour les personnes concernées qui se referment sur elles-mêmes, que pour ceux qui ne peuvent plus pénétrer dans des espaces par crainte.

Concernant la sécurité, vous parlez d’une irresponsabilité fâcheuse. Allez-vous faire de ce volet l’axe premier de votre projet? 
En tant que démocrate et républicain, je ferai de la sécurité un axe majeur, afin de ne pas laisser cette question aux extrêmes. Cette volonté d’agir sans naïveté, sans faiblesse, ni sectarisme sur cette insécurité qui va crescendo, n’existe pas chez les actuels maîtres du Capitole.

Quelles mesures allez-vous préconiser? Seront-elles fermes?
Il faut en effet un panel de mesures en jouant sur plusieurs leviers, en faisant de ce dossier une priorité authentique. Il faut opérer une généralisation de la vidéosurveillance dans toute la ville. Il faut redonner des moyens humains à la police et mieux coordonner la police municipale avec la police nationale. Il faut rétablir les patrouilles de nuit et armer les policiers de jour et de nuit. Il faut rendre opérationnel l’Office de la tranquillité en le confiant à un professionnel de la sécurité. Cette mairie ne cesse de faire des colloques et autres débats d’experts qui ne servent à rien, qui ne résolvent rien. Contre la progression de la délinquance, Toulouse a besoin d’actes.

Sur la propreté et la gestion de l’espace public, vous vous montrez aussi sévère contre l’équipe en place.
Il y a eu quelques améliorations ponctuelles de-ci de-là, mais malgré toute la communication faite sur le défi propreté et ses 100 mesures, on est bien loin du résultat voulu. La mairie se délivre pourtant un satisfecit qui repose sur des critères totalement flous. Alors que notre cité est sale, moins sécurisée, moins colorée. Il faut une reprise en main de l’espace public avec fermeté. Il faut rétablir les maires de quartiers pour garantir un suivi efficace des doléances. Pour la propreté, il faut recréer des équipes strictement toulousaines afin de résoudre la problématique propreté d’une grande ville.

Concernant l’urbanisme, là encore, vous êtes critique.
Je suis d’accord avec la ville intense, mais il ne faut pas la plaquer comme le fait le maire de manière autoritaire. Cette collectivité a la prétention de gérer la vie et le cadre de vie des Toulousains. Elle a démarré sous les flonflons de la démocratie participative et il n’en est rien aujourd’hui. Le masque de l’autoritarisme est tombé. Pour ma part, je plaide pour un urbanisme concerté où il faut nuancer et adapter les projets aux identités des quartiers et du centre-ville.

Comment jugez-vous la gestion financière dans tout ce panel que vous décrivez comme sombre?
Proche du précipice. J’avais tiré la sonnette d’alarme en juin 2011 quand nous avions eu la photo du budget 2010 avec une dégradation des finances de la ville. Ce n’est pas moi mais un rapport de la chambre régionale des comptes qui montre que l’épargne a diminué de moitié depuis le changement municipal. La dette progresse à pas de géants avec 110 millions d’emprunts en 2013. Combien en 2014? La ville en 2015 ne sera plus capable d’autofinancer ses investissements. Si l’on y ajoute la baisse des dotations aux collectivités locales décidée par François Hollande, je peux vous garantir que le prochain mandat municipal sera sérieusement handicapé.

Alors, comment faire des économies?
Il faut appliquer un plan de modération des dépenses de fonctionnement afin de recréer de l’épargne. Il faut agir à la communauté urbaine qui a généré des surcoûts alors que la mutualisation devait permettre des économies. Il faut une transparence totale dans la gestion et discuter avec les syndicats qui doivent pouvoir accéder aux comptes. Des cabinets comptables indépendants devront être mandatés pour un audit au début du prochain mandat pour connaître la vérité financière de la collectivité.
Propos recueillis par Laurent Conreur

Jean-Luc MOUDENC
Député de la Haute-Garonne
Maire de Toulouse de 2004 à 2008

Partager cet article

Repost 0
Publié par Pascale Binet - dans Jean Luc Moudenc Député
commenter cet article

commentaires