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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 10:44

TGV 150Polémique Madrelle-Bussereau, ce dernier ne voulant plus financer la ligne Tours-Bordeaux. Philippe Madrelle et Dominique Bussereau ont, dans les derniers jours de juillet, échangé des courriers. Vifs comme la chaleur qui recouvre l’estuaire. Le président du Conseil général de Gironde et son homologue de Charente-Maritime évoquent dans leurs missives le plan d’investissements d’avenir présenté le 9 juillet par le Premier ministre et qui reporte au-delà de 2030 la réalisation de la portion Gironde-Espagne du grand projet ferroviaire LGV du Sud-Ouest.

Dans une lettre arrivée le 29 juillet sur le bureau de Philippe Madrelle, Dominique Bussereau annonce qu’il va demander à son assemblée départementale « de surseoir aux paiements demandés par RFF » pour la construction - en cours - de la ligne Tours-Bordeaux. Il justifie cette décision par le fait que l’actuel gouvernement a « rompu » l’engagement de l’État de réaliser la totalité du projet.

 

Jean-Marc Ayrault tirerait ainsi aujourd’hui un trait sur un pacte conclu sous François Fillon dans le cadre du Grenelle de l’environnement et mobilisant, non sans mal, outre l’État et RFF, une soixantaine de collectivités territoriales.

« Prétexte fallacieux et mal venu », répond Philippe Madrelle dans sa réponse postée le 31 juillet. Il rappelle à l’ancien ministre des Transports que « le fabuleux programme LGV du Grenelle n’avait pas à l’époque de plan de financement ». D’où les récents « arbitrages » du gouvernement qui n’annulent pas mais décalent la liaison Gironde-Espagne dont Philippe Madrelle veut croire qu’elle peut encore être réalisée avant l’échéance. Déjà, le 10 juillet, Gilles Savary, vice-président du Conseil général de Gironde, parlait de « l’imposture » du précédent gouvernement.

La récente annonce du report au-delà de 2030 de la réalisation du tracé Gironde-Espagne a, on le sait, généré des mécontentements en Aquitaine et Midi-Pyrénées toutes tendances politiques confondues. Sept élus ont été reçus début juillet par le ministre des Transports. La décision de Jean-Marc Ayrault, le 9 juillet, a même conduit le président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques à mettre au programme de la rentrée une suspension des paiements de ce département pour le chantier Tours-Bordeaux. La communauté d’agglomération de Pau a voté une motion en ce sens. Le Conseil général des Landes est sur la même position.

Privées de LGV vers l’Espagne, ces collectivités estiment ne plus être engagées sur un tronçon qui ne les concerne pas directement. Mais la décision de la Charente-Maritime a une autre portée. « Vous êtes en effet à ce jour, la seule collectivité locale financièrement engagée dans ce projet, à l’instigation d’un ministre des transports qui s’appelait Bussereau à l’époque, à se désengager unilatéralement, sans avoir à déplorer le moindre retard ni aléa de réalisation de la branche qui l’intéresse directement », écrit Philippe Madrelle.

Commentant les réticences financières des collectivités aquitaines face au report de la branche sud de la LGV, Henri Emmanuelli, président du Conseil général des Landes, expliquait  : « je crains que les travaux du Tours-Bordeaux n’entrent dans une phase de turbulence financière ». Et politique, est-on aujourd’hui tenté d’ajouter.

Le Sud Ouest

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Publié par Pascale Binet - dans TGV LGV
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