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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 06:37

TGV_1070.jpgUn souterrain médiéval a été mis au jour sur le tracé de la future LGV.

En amont de la construction de la Ligne à grande vitesse (LGV), les archéologues de l'Inrap (1) ont effectué un diagnostic sur l'ensemble du tracé. Bingo ! Sur la commune de Cressac-Saint-Genis, ce diagnostic laissait apparaître la présence de vestiges médiévaux. Assez pour décider la mise en place de fouilles.

« Dès le début, nous savions qu'il y avait un souterrain », indique Jean-Christophe Bats, ingénieur de recherches, qui a conduit les opérations, réalisées en octobre et novembre par une équipe de sept archéologues. « Nous avons également utilisé des moyens mécaniques et nous avons eu la chance d'être favorisés par la météo. Heureusement, car le temps imparti était très court. »

Les fouilles ont eu lieu en trois temps. « Tout d'abord, nous avons utilisé des techniques de spéléologie pour faire un relevé en l'état en 3D. Puis, nous avons décapé en surface, afin de trouver des vestiges associés à la présence de ce souterrain, traces de bâtiments ou autres. Enfin, nous avons dégagé la couverture du souterrain et fouillé les galeries », explique Jean-Christophe Bats.

Six salles découvertes

Les archéologues ont ainsi découvert trois accès, « dont deux entrées, l'une avec un escalier ». Et mis à jour un ensemble de 350 m² qui comporte six salles, « et des boyaux qui les rejoignent ». Pour le responsable des fouilles, le constat est clair : « Il ne s'agit pas d'un passage qui menait d'un endroit à un autre, mais bien d'un souterrain refuge qui pouvait être fermé de l'intérieur. » Un abri précieux en des temps troublés. « Dans les périodes de paix, cela servait à entreposer des marchandises. En temps de guerre à se protéger, c'était alors une cave fortifiée. »

L'un des intérêts du souterrain de Cressac-Saint-Genis tient dans le fait qu'il aurait été abandonné à une époque relativement tardive, « d'après nos premières constatations, nous datons cet abandon à la fin du XIVe, début du XVe siècle, alors que d'habitude cela se situe plutôt au XIIe. De plus, il semble que le souterrain ait été volontairement comblé. » Une date qui correspond à la fin de la guerre de Cent ans, « avec les dernières grandes chevauchées des Anglo-Gascons et la reprise en main du territoire par les Français ».

Des réponses à trouver

Une datation plus certaine devrait être déterminée par les études que vont, à présent, mener les archéologues, à partir des traces et éléments trouvés sur le site. « En surface, nous avons découvert des fondations de bâtiments qui reposaient sur des murs ou sur des poteaux. Malheureusement, les pierres ont été récupérées pour d'autres constructions. Mais cela nous laisse à penser qu'il s'agissait d'un site assez grand », indique Jean-Christophe Bats.

Les archéologues ont aussi mis la main sur des éléments de mobilier, des traces d'occupation : céramique, objets en métal… Peut-être leur permettront-ils de répondre, outre la date, à une autre interrogation : à quel type de présence humaine ce souterrain était-il lié ? « Probablement à une ferme cossue. On sait qu'il y a eu ici, à l'origine, un domaine qui appartenait à l'ordre des Templiers, puis il était passé à des hospitaliers. Est-ce qu'au moment de la destruction du souterrain, il était revenu à un autre ordre ou à une famille privée ? On ne le sait pas », confie Jean-Christophe Bats.

(1) L'Institut national de recherches archéologiques préventives.

(2) Une journée portes ouvertes sur le site est organisée demain entre 13 h 30 et 17 heures. Visite guidée toutes les demi-heures. Entrée gratuite. Prévoir de bonnes chaussures ou des bottes. Les visites sur le terrain seront reportées en cas d'intempéries.

Le Sud Ouest
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