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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 05:52

Il ne faut pas être un grand clerc en économie pour comprendre que nous sommes arrivés au bout d’un système et que si rien n’est fait, dès demain, on court à la catastrophe. Aujourd’hui, tout le monde l’a compris, sauf peut-être au sommet de l’Etat, l’urgence est de baisser les dépenses. Augmenter les impôts ne servira plus à rien, notamment sur le capital et sur le travail, nous avons déjà dépassé le maximum de «la courbe de Laffer» et les recettes fiscales engrangées à Bercy, en ce moment même, sont en baisse. Oui trop d’impôts tuent l’impôt.

Voilà peu, François Hollande nous a parlé de sa boîte à outils miraculeuse. Côté dépenses, dès le premier inventaire sérieux, on comprend qu’il manque les plus importants et les plus indiscutables outils, pour engager la baisse des dépenses. Fin 2012, la dette publique s’élevait à 90,2% du PIB, soit 1.833 milliard, pour 98 milliards de déficit. Alors, que dans le même temps, les dépenses progressaient de +2,9%, après +2,1% en 2011 sauf que les recettes n’augmentaient elles, que de +3,9%, contre +5,7% en 2011. Ainsi, selon la Commission européenne, si aucune nouvelle mesure n’est prise, la dette de la France atteindra 93,4% du PIB fin 2013 et 95% fin 2014.

Par ailleurs, Monsieur le Président où sont les outils pour faire baisser les dépenses publiques ? Où sont les premiers signes d’efforts partagés, seuls capables de redonner la confiance aux Français comme aux investisseurs étrangers ? Où sont les réformes audacieuses et structurelles, capables de nous remettre sur le chemin de la vérité économique ?

Encore une fois et comme vos prédécesseurs, vous nous parlez d’économiser, ici ou là, en dépensant moins. Mais aucune réforme de fond de notre système public, n’est annoncée. Par rapport à 2013, peut-être 1 milliard de moins dépensé en 2014. Autrement dit, nous ne sommes pas à la hauteur de l’enjeu.

Certes, on le sait, depuis au moins dix ans, tous les gouvernements annoncent des économies sur les achats. Sauf que cela ne fait pas baisser le montant global des dépenses publiques qui, depuis l’année 2000, a augmenté en euros courants de plus de 50%, passant de 744 à 1119 milliards en 2011. On nous parle aussi de simplification de la vie publique, on reconnaît des doublons, mais l’on ne se prononce pas sur la suppression d’au moins un échelon local, comme pourraient l’être celui des Conseils Généraux. Il est aussi urgent de revoir la feuille de route de chaque acteur public et de supprimer notamment la mode des cofinancements publics qui, on le sait, a pour conséquence première d’augmenter les coûts, le nombre de personnels etc. Aujourd’hui, ce qui est attendu par chaque Français, chaque chef d’entreprise, c’est la simplification de toute la structure publique de l’État et particulièrement au Local, où les gabegies et «combinazione» entre amis sont légion.

 

Ce 16 mai, François Hollande n’a pas convaincu…

 

… Alors que dans sa prestation télévisée du 13 novembre 2012, le Président de la république avait montré beaucoup plus de détermination. Il était plus en phase avec les réalités : «La dépense publique atteint aujourd’hui 57% de la richesse nationale. Ce chiffre ne dira pas forcément grand-chose aux Français : 57% de la richesse nationale. C’était 52% il y a cinq ans : est-ce que l’on vit mieux pour autant ? Est-ce que l’État est devenu plus juste, plus efficace ? Est-ce que les prestations ont permis de réduire suffisamment les inégalités : non ! Donc il nous faut faire cette réforme : réforme de l’État, de notre organisation, de notre système social pour qu’il soit plus efficace, plus juste …» avait-il martelé…

Mais que reste-t-il de ces belles promesses ? En six mois que s’est-il passé ? Rien de bien performant, de décisif qui puisse donner une note d’optimisme à l’action du gouvernement Ayrault. Aujourd’hui, le Chef de l’État ne nous parle même plus des 60 milliards à économiser en 5 ans. Plus, alors que le monde entier ne prévoit pas de retour substantiel de la croissance en Europe, avant 2015, il est clair qu’a contrario lui, joue tout sur son hypothétique retour demain. Alors que la mesure logique et courageuse serait d’aller dès aujourd’hui, vers une diminution de l’hypertrophie de notre secteur public que nous surpayons par rapport à nos partenaires européens, de 60 milliards par an, une paille. Oui, créer les conditions de la croissance demande de desserrer l’étau public qui entrave la création de richesses en France, la création d’entreprises et par conséquence la création d’emplois marchands. Cela demande aussi de sortir du discours sur les doublons publics et sur la mauvaise organisation de nos administrations. Comme d’en finir avec les gadgets tape à l’œil du type contrats d’avenir, contrats de génération, pacte de compétitivité, etc… D’autant si, dans le même temps et en parallèle la pression fiscale et parafiscale augmente sur les entreprises de façon incontrôlée ? L’inversion de la courbe du chômage, signe des premiers bienfaits d’une politique, ne doit pas être un vœu pieux ou un objectif comptable, mais un véritable défi national qui doit engager tous les acteurs publics comme privés.

Oui, nous les acteurs privés, car il est temps d’arrêter de se focaliser uniquement sur les politiques sans accepter de voir que ce sont les acteurs économiques qui tiennent la bride de l’économie mondiale. Les hommes politiques sont trop souvent, le savent-ils, les boucs émissaires du néolibéralisme à la Milton Friedman.

Aujourd’hui, il est temps de s’attaquer au cœur du système, mais on le sait, Il est plus facile de soulever mille hommes en s’adressant à leurs préjugés que d’en convaincre un seul à l’aide de la logique…

 

André Gallego

Direction ligne éditoriale

Président de France Génération Plurielle

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Publié par Pascale Binet - dans France
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