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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 05:36

TGV 150La LGV Bordeaux-Toulouse est la seule rescapée des propositions de la commission Duron. Mais le projet repoussé à l’horizon 2030 n’est possible que si l’Agence de financement des infrastructures bénéficie de moyens supplémentaires.

La ligne Grande vitesse Bordeaux-Toulouse est une rescapée. Le député Philippe Duron a rendu hier son rapport sur les infrastructures de transport au ministre délégué Frédéric Cuvillier. Sans surprise, le TGV n’est plus en état de grâce. Le parlementaire lui préfère la modernisation du réseau existant et le traitement des points noirs, notamment des nœuds ferroviaires. Par ailleurs, il appelle à explorer une voie intermédiaire entre le TGV et le TER.

Ainsi tous les projets de LGV sont renvoyés à plus tard dans les deux scénarios imaginés par la commission Mobilité 21. Le raccordement Bordeaux-Toulouse pourrait être réalisé à l’horizon 2030 si l’État fait des efforts.

Il faudrait pour cela que l’État abonde dans les prochaines années de 28 à 30 milliards d’euros le budget de l’Aftit (Agence de financement des infrastructures de France). Philippe Duron explique cette exception accordée à Toulouse par deux arguments. «C’est en cohérence avec la priorité donnée dans le réseau central de RTE-T (Réseau transeuropéen de transport) au maillage de toutes les villes de taille européenne», a-t-il justifié. Par ailleurs, «l’aéroport de Toulouse est en voie de saturation et c’est là que l’intermodalité aérien-ferroviaire peut être la plus performante». La commission n’était toutefois pas unanime sur ce projet. Certains membres auraient préféré mettre l’accent sur la modernisation du réseau existant.

Dans une autre hypothèse, le budget consacré aux infrastructures poursuit sa progression naturelle (+8 à 10 milliards d’euros). Dans ce cas, la liaison vers la capitale régionale appartiendrait aux deuxièmes priorités, c’est-à-dire celles à réaliser entre 2030 et 2050. Tout comme le tronçon Bordeaux-Hendaye.

Après l’avis des experts, il faut attendre les décisions politiques. Frédéric Cuvillier n’a rien annoncé hier.

Après avoir une nouvelle fois fustigé le précédent gouvernement qui a laissé derrière lui des promesses chiffrées à 245 milliards d’euros, le ministre a précisé que le rapport Mobilité 21 «ne fige rien». «Il ne lie pas le gouvernement, il l’inspire», a-t-il insisté. Les promoteurs de la LGV Bordeaux-Toulouse n’auront pas à attendre longtemps. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault doit dévoiler les arbitrages le 9 juillet dans le cadre du plan d’investissements du gouvernement.


Une nouvelle donne financière…

La décision de la commission «Mobilité 31» de ne retenir que la liaison Bordeaux-Toulouse et de retarder la réalisation de la desserte Bordeaux-Hendaye après 2030 risque de modifier l’équation financière de ce dossier. En effet, les deux collectivités régionales, Midi-Pyrénées et Aquitaine, comme d’ailleurs plusieurs autres départements, (57 collectivités participent au financement) s’étaient engagés sur des financements concernant le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO). Un projet composé, depuis 2008, d’un tronc commun de Bordeaux à Captieux, d’une ligne de Captieux vers l’Espagne et une autre ligne vers Toulouse. Les participations financières des collectivités avaient été prévues sur cette base. Le renvoi, après 2030, de la desserte vers l’Espagne, s’il est confirmé, change donc la donne. Exit le GPSO, place au seul projet Bordeaux-Toulouse.

Les réactions n’ont pas tardé. Des élus ont manifesté leur colère, indiquant qu’ils refusaient de payer. Hier, le président du conseil régional d’Aquitaine, Alain Rousset, a mis en avant les risques contentieux avec des collectivités au sud et à l’est de Bordeaux, vers Hendaye et Toulouse, qui, dans le montage financier ont participé au financement de Tours-Bordeaux et réclameraient d’être remboursées si la LGV ne passait pas sur leurs territoires. Alain Rousset, qui doit prochainement rencontrer le ministre des Transports, pourrait envisager de demander une révision de sa participation à la baisse s’il n’était pas entendu. Même s’il a déjà dit qu’il approuvait les conclusions du rapport Duron, Jean-Marc Ayrault doit donner un avis définitif le 9 juillet. D’ici là, les téléphones vont chauffer.

La Dépêche du Midi

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Publié par Pascale Binet - dans TGV LGV
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