Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Archives

2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 09:07

Escudier-003.jpgCet avocat toulousain est un homme redoutable. Il possède la formule qui perce vos secrets et vous met à nu : la psychomorphologie. Rencontre.

Le bien sage Sénèque disait que « personne ne peut longtemps porter le masque ». Surtout si Jean-Paul Escudier est dans les parages, ajoutons-nous.

Car le plus distingué des avocats de la place toulousaine a le secret d’un art qui emprunte aux méthodes des mentalistes et autres profilers des séries à la mode mais surtout à une vieille matière dérivée de la psychologie : la caractérologie ou psychomorphologie, permettant de cerner la personnalité d’autrui par l’examen de sa gestuelle et des traits de son visage.

Jadis, les lycéens approchaient brièvement cette matière en cours de philosophie. « C’est ainsi que je l’ai découverte et je me suis mis dès lors à osculter les visages de mes camarades et
professeurs ».

Descendant de Balzac

Et le loisir du lycéen est devenu la passion de l’homme. Une arme bientôt. « L’avocat que je suis devenu a ainsi vite pu adapter son discours à la personnalité du juge. Un émotif, par exemple, est forcément sensible à plus de subjectivité ».

Il assume volontiers le privilège d’avoir la main sur cette arme particulière. Mais « une arme sociale », dit-il, qui n’a jamais tué autre chose que le temps et permet surtout les plus nobles choses : « J’aime décrypter les autres parce que j’aime les comprendre. Les comprendre et jamais les juger. D’ailleurs, je n’aurais pas pu être juge ! ».

Celui qui a fait du Droit l’autre grande passion de sa vie – sous l’influence d’un grand-oncle premier président de la Cour d’appel de Toulouse – n’est pas devenu avocat par hasard. Sa spécialisation en droit des personnes trouve tout autant d’explications sous-adjacentes. « C’est sûr, la connaissance des autres est le moteur de ma vie ».

Belle ironie du sort, il se trouve être descendant par sa mère de Balzac, l’auteur de « cette comédie humaine, analyse permanente de la société et de ses caractères. J’ai beaucoup cherché et compris dans ces livres ».

Gaulliste de gauche

Cette quête intellectuelle a enfanté un humaniste racé, ne comprenant par exemple pas ou ne voulant pas croire au concept de lutte des classes. « L’idée que parce que l’on est bourgeois, l’on écrase forcément le prolétaire, m’a toujours paru être une aberration », lâche celui qui dans un pan du gaullisme a cru trouver ce qui sonnerait le glas de cette idée : la participation du salarié dans l’entreprise. « À trois niveaux, précise Jean-Paul Escudier : au pouvoir, au savoir et à l’avoir », c’est-à-dire aux décisions, au droit à l’information, et à la redistribution tel que conceptualisé par le gaullisme.

C’est dans le mouvement des gaullistes sociaux ou de gauche animé par Philippe Dechartre, mouvement sous tutelle du RPR puis de l’UMP, que le militant a fini par se reconnaître et n’a pas hésité à aller au charbon.

À Fronton d’abord lors des municipales de 1983. « Je ne partais pas de rien : c’est ma ville natale et mon grand-père y est resté maire pendant 48 ans ! Mais ce fut malgré tout un cuisant échec ».

C’est avec Dominique Baudis qu’il accédera à la responsabilité politique : au Conseil régional en 1986 puis à la mairie de Toulouse en 1995 où trois maires successifs, Dominique Baudis, Philippe Douste-Blazy puis Jean-Luc Moudenc, ont mis à profit ses compétences de juristes.

Trois hommes dont il a soigneusement étudié la personnalité sous toutes ses coutures. Au point d’être formel à mon égard : « Vous avez le même caractère que Douste-Blazy », me démasque-t-il après un quart d’heure d’entretien. En effet ?

Cette année, Jean-Paul Escudier a publié deux livres aux éditions IXCEA: Visages et traits de caractères et Poésies.

La Voix du Midi

Partager cet article

Repost 0
Publié par Pascale Binet - dans UMP 31
commenter cet article

commentaires