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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 05:36
cope-23.jpgINTERVIEW - Il n'y aura pas de revote à la présidence du parti en septembre. C'est le résultat, très net, du référendum qui s'est clos dimanche. LE FIGARO - En écartant un revote à  la présidence de l'UMP en septembre, les militants ont-ils fait le choix du statu quo?
Jean-François COPÉ - Ils ont voulu tourner la page et leur choix est massif et sans ambiguïté. Nous pouvons enfin nous consacrer à reconquérir le cœur des Français! Pour ce qui me concerne, seul cet objectif m'engage. Ce vote ne vient pas sanctuariser un état de fait, au contraire, il libère les énergies.
Les termes de votre Yalta avec François Fillon, c'est: à vous la présidence  de l'UMP, à lui la primaire de 2016?
Je récuse cette idée. Chacun voit bien que, depuis six mois, nous avons énormément travaillé ensemble, ce qui nous a permis de trouver l'esprit de réconciliation nécessaire. Mais l'UMP ne se résume pas à François Fillon et moi. L'UMP, ce sont de très nombreuses personnalités, chacune avec leur sensibilité. Il n'y a pas de drame à cela tant que l'on garde à l'esprit notre objectif: nous incarnons collectivement l'alternance et nous devons gagner ensemble au service de la France. Nous devons aux militants l'unité, pas la politique politicienne.
Les adhésions à l'UMP sont-elles  en chute?
Au contraire. Au 28 juin, 156.000 personnes ont déjà adhéré ou renouvelé leur adhésion, ce qui représente la moitié de nos 315.000 adhérents sur l'ensemble de l'année 2012. Si le rythme reste le même, nous devrions terminer l'année au même niveau qu'en 2012. Depuis janvier, 15.000 personnes qui n'avaient jamais adhéré à l'UMP nous ont rejoints. C'est un record depuis 2007 et la dynamique continue. Les Cassandre en sont pour leurs frais. L'UMP reste le premier parti de France!
Quelles leçons tirez-vous  des législatives partielles?
Après huit défaites, dont quatre au premier tour, je suis frappé de voir qu'aucun responsable socialiste, ni même François Hollande, n'a jugé utile de faire son autocritique. Le message de ces élections, c'est que l'UMP est la seule force politique qui puisse incarner une alternance à la politique désastreuse de la gauche et être un rempart aux extrêmes, qui se nourrissent du vote protestataire.
Villeneuve-sur-Lot a-t-il changé  la donne pour le PS?
C'est vrai qu'il y aura un avant et un après Villeneuve-sur-Lot. Jean-Louis Costes l'a emporté avec près de huit points d'avance. Le FN fait des scores très importants et il se nourrit désormais des voix de la gauche, avec un programme économique identique à celui de ­Mélenchon (nationalisations, retraites à 60 ans…). Il est avéré qu'un certain nombre de socialistes ont appelé à voter pour le candidat du FN. L'illusion du «front républicain» a volé en éclats, y compris au sein du PS.
Et au sein de l'UMP, quand la querelle  du ni-ni sera-t-elle tranchée?
Cela fait des années que je défends la ligne du «ni alliance avec le FN» ni «vote pour le PS allié au Front de gauche». D'abord, parce que nous ne sommes pas propriétaires des voix. Ensuite, parce que, pour moi, il n'y a pas de compromis possible avec la gauche, dès lors qu'elle a fait le choix d'une alliance électorale avec l'extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui n'a rien à envier à l'extrême droite de Marine Le Pen. Je respecte la position des autres, mais je continuerai à défendre ma ligne. Le moment venu, l'UMP aura à voter sur cette question.
«Avec l'UDI, la logique serait que nous formions des listes communes aux européennes. Jean-Louis Borloo n'y semble pas hostile»
Jean-François Copé
 
Où en sont vos négociations avec l'UDI?
Aux municipales, la règle, c'est d'avoir le plus possible de listes uniques. Naturellement, nous respecterons les sortants UDI qui souhaiteront se représenter, et il pourra y avoir ponctuellement des têtes de listes centristes. On verra à l'automne.
Et aux européennes?
Je vois régulièrement Jean-Louis Borloo et Hervé Morin. Je trouve leurs idées de former des états généraux de l'opposition excellente pour proposer aux Français une nouvelle Europe. La logique serait que nous formions également des listes communes. Jean-Louis Borloo n'y semble pas hostile.
Le fédéralisme européen  et le souverainisme sont-ils solubles dans un même projet?
Ces lignes de partage sont complètement artificielles et dépassées, en France et chez nos voisins. Nous avons besoin d'une nouvelle Europe. Elle ne peut plus fonctionner comme elle le fait, et c'est un européen engagé qui vous le dit. Il faut revoir avec lucidité, sans tabou, l'ensemble des mécanismes qui la régissent. Notre seule clé de lecture doit être l'efficacité de chaque politique publique. Par exemple, l'énergie, la défense devraient être un domaine européen, mais à l'inverse, sur l'immigration, Schengen ne fonctionne pas bien. Je crois en l'Europe des solutions et des résultats, plus qu'à celle de l'angélisme et des réglementations.
Serez-vous comptable  des résultats électoraux de 2014?
Je travaille dans un esprit collectif. Ce sera la réussite de tout le monde si nous gagnons.
Et si vous perdez?
Je suis à la tête de l'UMP pour la faire gagner.
Les emplois aidés peuvent-ils inverser  la courbe du chômage?
C'est un artifice politicien dont personne ne sera dupe. Le paradoxe est que, la même semaine, le gouvernement a débloqué ces fonds pour des emplois publics qui ne sont pas de vrais emplois et a réduit à néant le statut d'autoentrepreneur. Je suis frappé par l'obsession de l'immédiateté médiatique qui prévaut au gouvernement. La marque de fabrique d'un homme d'État, c'est au contraire l'articulation entre le temps court et le temps long. J'y ai réfléchi et je souhaite que, lorsque nous reviendrons au pouvoir, nous mettions en place par ordonnance, comme en 1958, les cinq ou six grandes réformes indispensables, pour consacrer les quatre années qui suivront à les appliquer. Dans l'immédiat, il faut tout faire pour rétablir la liberté d'entreprendre en abaissant la pression fiscale sur nos entreprises et le coût du travail pour favoriser l'emploi.
Que pensez-vous du rapport Bianco, président de l'Observatoire de la laïcité, pour qui la France «n'a pas de problème avec sa laïcité»?
Il y avait longtemps que je n'avais pas lu une telle langue de bois! C'est à croire que Jean-Louis Bianco a écrit son rapport sans passer le périphérique. La vérité, c'est que l'intégration, hélas, est l'un des plus grands échecs de la République française. Cet échec est collectif, il doit être la priorité du prochain quinquennat. C'est le concepteur de la droite décomplexée qui vous le dit. François Hollande n'a pas une seule fois prononcé le mot «diversité» depuis un an. La politique de la ville est à l'arrêt et la politique d'intégration inexistante. Il ne faut pas s'étonner que les tensions se multiplient dans beaucoup de territoires.
Le Figaro

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Publié par Pascale Binet - dans UMP
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