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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 07:16

TGV_1068.jpgUn livre qui fait le buzz, une étude indépendante, une contestation qui s'élargit : les opposants cumulent les arguments contre les nouvelles LGV.

La deuxième Journée contre les grands projets inutiles se tiendra samedi à Préchac. Le ton des débats est connu. Les participants diront « non aux nouvelles lignes à grande vitesse » et « oui à l'aménagement des lignes existantes ».

Ils mettront en avant le coût de ces nouvelles lignes, estimé à « 20 milliards pour détruire notre cadre de vie » (1). « Et les preuves s'accumulent contre la non-pertinence du projet », affirme Denise Cassou, porte-parole de la coordination des associations Vigilance LGV. Au refrain régulier revenant sur les retombées économiques des lignes LGV (lire « Sud Ouest » du 5 décembre), les opposants rappellent que c'est avant tout les grands groupes du BTP qui les encaisseront.

D'une manière générale, ils se réfèrent au livre « FGV, faillite à grande vitesse », publié par Marc Fressoz (2). Ce journaliste spécialisé dans les transports argumente dans son ouvrage le fait que la facture du tout-TGV est finalement payé par le « sacrifice » du réseau classique et de ses usagers.

Analyse comparative

Dans la région, les opposants s'appuient aussi sur l'étude indépendante commandée par l'association ALTernative LGV, un collectif d'élus lot-et-garonnais. Confiée aux cabinets AC2I et Claraco, cette étude a abordé le dossier par l'angle de l'aménagement des voies existantes. Il en ressort que cette solution impacterait nettement moins l'environnement, non seulement par rapport aux territoires touchés mais aussi par une consommation d'énergie qui serait trois fois moindre.

C'est également à un tiers du coût des lignes nouvelles que sont estimés les travaux nécessaires à l'aménagement des voies existantes. Cette étude relativise nettement aussi le gain de temps qu'apporteraient les nouvelles lignes. Par rapport à un réaménagement des lignes actuelles, le différentiel serait de six minutes sur le trajet Bordeaux/Toulouse. Une dizaine de communes du Sud-Gironde ont participé au financement de cette étude lot-et-garonnaise.

Parmi les « preuves », Denise Cassou cite aussi celles venant du milieu syndical. « Notamment à cause de la question de l'emploi, pendant longtemps les syndicats ne se sont pas exprimés. Mais aujourd'hui, ils n'hésitent pas à être critiques ». Fin octobre, l'Union départementale de la CGT des Landes a écrit au préfet de région. Tout en dénonçant une « politique tarifaire obscure », la CGT y rappelle que la SNCF et Réseau ferré de France (RFF) ont délaissé « l'entretien régulier mais aussi la modernisation nécessaire du réseau classique ».

Résultats de la consultation

Selon Denise Cassou, la contestation « contre les grands projets inutiles » se généralise. En France, elle est symbolisée par l'opposition au projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique. « On y voit aussi l'obstination des grands élus locaux. Là-bas, c'est le maire de Nantes. Ici, c'est Alain Rousset, le président de la région Aquitaine ».

Ce « ras-le-bol » englobe les nouvelles lignes LGV dans le Sud Ouest. Les consultations menées dans les communes concernées montrent que la population conteste de plus en plus leur opportunité. « À chaque consultation la participation est plus importante, avec une demande de plus en plus forte pour aménager les lignes existantes », constate la porte-parole de Vigilance LGV.

Les résultats de la quatrième consultation, opérée cet automne, ne sont pas encore connus. En revanche, ceux de la troisième, réalisée au printemps, démontrent que 77 % des 6 601 avis recueillis « ne sont pas d'accord avec l'analyse de RFF » (3). Un chiffre qui sera sans doute largement commenté samedi à Préchac.

(1) Il s'agit du coût du projet global des lignes Tours-Bordeaux, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne. (2) « FGV, faillite à grande vitesse », par Marc Fressoz, Éditions du Cherche-Midi, 248 pages, 17 euros. (3) Source : www.gpso.fr

Le Sud Ouest
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