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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 08:49

cope-003.jpgSelon le président proclamé de l'UMP, il n'y aurait ainsi «ni gagnant, ni perdant».

Envoyé spécial à Nancy

Quatre jours de silence que seuls sont venus ponctuer quelques communiqués sur le chômage ou la situation à Florange, signés du président de l'UMP. Pour son premier meeting devant les militants depuis le scrutin du 18 novembre, Jean-François Copé ménage le suspense. Sur le quai de la gare de l'Est, avant de prendre le train pour Nancy où il doit retrouver Nadine Morano, le président proclamé de l'UMP contourne les caméras qui se pressent. Que pense-t-il des propositions de Jean-Pierre Raffarin qui souhaite la mise en place d'une commission de conciliation? Pourquoi Luc Chatel, son vice-président délégué, se prononce-t-il pour un nouveau scrutin? Tout comme Nadine Morano?

Copé se montre avare de réponses. «Je vais faire des propositions très concrètes et je vais les faire devant les militants, se borne-t-il à expliquer. Vous verrez bien.» Pour les copéistes, dimanche, la seule inconnue restait l'éventuelle évolution de la position de François Fillon. Dans son discours aux entretiens de Royaumont, il a rappelé son souhait d'organiser un nouveau scrutin et de participer «dès lundi» à la définition des règles pour ce «revote».

Dans la soirée, Copé a donné sa réponse. Oui, il y aura un nouveau scrutin. Copé «souhaite redonner la parole» aux militants, sous la forme d'un référendum en janvier, «sous le contrôle permanent d'une commission ad hoc». Il propose deux questions. La première concerne le souhait des militants de voir réformés les statuts de l'UMP que beaucoup jugent inadaptés: «Êtes-vous d'accord pour que nous réformions nos statuts afin de pouvoir enfin fonctionner efficacement, y compris en situation de crise?» Si les militants y sont favorables, un «comité des statuts se chargera de ce travail». Il pourrait comprendre «des personnalités représentant les différentes sensibilités» du parti et des experts extérieurs. À charge pour eux de «revoir la question des parrainages» pour l'élection du président de l'UMP.

Seconde question soumise au référendum: la date du prochain renouvellement de l'équipe dirigeante. Impossible, selon les copéistes, de l'organiser rapidement. Pas seulement pour des raisons matérielles et statutaires, mais parce que «demander aux militants de revoter dans le contexte actuel ferait exploser les fédérations entre copéistes et fillonistes», «compte tenu des tensions actuelles», s'inquiète un copéiste. Les huées qui ont cueilli Nadine Morano quand elle parlait de «Jean-François Copé, président proclamé de l'UMP» dimanche en donnent un avant-goût.

Une «condition»

C'est pourquoi Copé envisage une nouvelle élection mais «au lendemain des élections de 2014, après les municipales». Pour cela, il propose de voir son mandat à la tête du parti réduit de trois à deux ans. «Relancer une élection interne avant les élections municipales serait une folie, a expliqué Copé. Avec les statuts actuels, nous en avons pour au moins six mois de procédure: parrainages, campagne, élection… Ce serait dangereux d'enclencher aujourd'hui une élection interne pour élire notre président dans les mêmes conditions que le dernier scrutin. Et d'ailleurs les mêmes causes produiraient les mêmes effets!»

Avec ce référendum et ces deux questions, il n'y aura «ni gagnant, ni perdant ; ni ultimatum, ni manœuvres», selon la formule de Copé. Au débat qui s'ouvrirait alors à l'UMP, Copé apporte une réflexion personnelle et propose que «l'équipe dirigeante qui sera en poste en 2016 soit composée de personnalités dont il est acquis qu'elles ne seront pas candidates à la primaire» pour la désignation du candidat à la présidentielle. Le président proclamé de l'UMP pose cependant une «condition» à l'ensemble de ce dispositif: «Les propositions que je fais ne sont valables que s'il est mis un terme sans délai à l'aventure mortifère d'un groupe dissident.»

Son plan de sortie de crise, Jean-François Copé le prépare depuis plusieurs jours. Il en a évoqué les contours avec Nicolas Sarkozy lors d'un déjeuner vendredi dans les bureaux de l'ancien président. Il en a discuté longuement avec Jean-Pierre Raffarin et Roger Karoutchi en quittant la rue de Miromesnil. Luc Chatel, Michèle Tabarot, Catherine Vautrin sont également dans la boucle. Mais c'est avec Jérôme Lavrilleux, son directeur de cabinet, qu'il y a mis la dernière main. Les prises de position de ses lieutenants, ces derniers jours, ont «fini de préparer le terrain». S'il n'y a pas d'accord, «je n'irai pas plus loin», a lâché, dimanche soir, Jean-François Copé.

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