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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 05:35

thierry devilleDans un monde dopé à l’instantané, aux réseaux sociaux, aux tweets, est-il encore possible de gouverner en s’affranchissant de l’émotion ? La question mérite vraiment d’être posée, quand on sait que l’un des principaux reproches fait au gouvernement précédent était de répondre à un événement par une loi. Or aujourd’hui, finalement, rien n’a changé de ce point de vue.

Comment répondre aux aspirations légitimes de la Nation, pour une meilleure transparence de la vie publique, autrement que par une loi bricolée à la hâte en un week-end jour et nuit, et qui par un effet de balancier extraordinaire, risque de flirter avec la démagogie ?

La publication du patrimoine des élus peut partiellement répondre à cette exigence, à condition qu’elle obéisse à des règles formalisées (pour éviter les inventaires à la Prévert que l’on nous inflige, sans contrôle, depuis quelques jours), et que la sanction en cas de manquement à la vérité et à l’exhaustivité soit exemplaire et dissuasive.

 

Du sacerdoce à l’oligarchie

 

Mais si l’on veut traiter les causes et non les effets, rien ne sera résolu tant qu’une profonde réflexion sur le statut de l’élu n’aura pas été menée, ainsi que sur le cumul des mandats, ou sur le nombre de mandats successifs.

Pour de trop nombreux élus, la politique est devenue un métier, source exclusive de revenus, et de ce fait la reconduction des mandats, une nécessité. A un bout de l’échelle, on trouve de petits élus, notamment les maires de petites communes, pour lesquels l’accomplissement du mandat relève souvent du sacerdoce. A l’autre bout, une oligarchie se constitue, soucieuse de bloquer toute avancée hardie qui remettrait en cause des privilèges acquis. Et pour tous, le même discrédit.

Regardez les débats récents sur le non-cumul : la force des conservatismes est telle que ces quelques articles de loi annoncée seront sûrement un coup d’épée dans l’eau. La revitalisation impérative de notre vie démocratique, qui est le corollaire de la moralisation de la vie publique mérite la grande réforme repoussée depuis trop longtemps.

 

Thierry Deville

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Publié par Pascale Binet - dans Région
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