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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 15:16
Élections. La carte des nouvelles circonscriptions électorales a été présentée hier. La gauche dénonce des manipulations.

« Un redécoupage électoral n'est jamais une opération politiquement neutre », rappelle le géographe Frédéric Salmon, auteur d'atlas électoraux de la France. Celui qui a été présenté hier au dernier Conseil des ministres, tout frais sorti des ciseaux du secrétaire d'État aux collectivités locales, Alain Marleix, n'échappe pas à la règle. L'opposition et au premier chef, Christophe Borgel, secrétaire national du PS aux élections, reproche à la nouvelle carte électorale de rendre « l'alternance plus difficile dans notre pays. Le gouvernement a pris prétexte des modifications démographiques pour conforter des circonscriptions acquises à la droite et pour rendre d'autres circonscriptions difficilement accessibles à la gauche ». Pour Benoît Hamon, « avec cette carte électorale, la droite, sur la base des résultats de 2007, aurait 30 sièges de plus à l'Assemblée nationale, que dis-je, la droite, l'UMP ! Pour que nous puissions envisager demain avoir une majorité de sièges à l'Assemblée nationale, il faudrait que nous réunissions 51,3 % des suffrages exprimés dans une élection législative ».

La France est actuellement découpée en 577 circonscriptions électorales, selon une carte établie en 1986 par le ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua dont Alain Marleix était alors le conseiller. L'objectif affiché du projet gouvernemental imposé par le Conseil constitutionnel en 2007 est d'adapter au mieux ce découpage à l'évolution de la démographie. 33 circonscriptions seront supprimées dans 27 départements métropolitains et compensées par 22 nouvelles circonscriptions réparties dans 16 départements et 3 collectivités d'outre-mer et par 11 circonscriptions destinées aux Français de l'étranger, qui, jusqu'à présent, n'en avaient pas.

Sur les 33 circonscriptions supprimées, 10 sont détenues par l'UMP, 19 par le PS, 2 par les Verts et une par le PC. Dans 5 départements dont les Hautes-Pyrénées la gauche perd un siège alors qu'elle les détient tous. La Creuse et la Lozère ne seront plus représentées que par un siège au lieu de deux.

Pour justifier son redécoupage qui a tenu compte des propositions de la commission Guéna et des recommandations du Conseil d'État, Alain Marleix fait état de « subtils équilibres politiques ».

Affirmant que « ce travail-là s'est fait dans la plus totale opacité », l e parti socialiste utilisera « toutes les voies de recours » pour contester c e redécoupage des circonscriptions législatives. Il donne notamment rendez-vous au gouvernement devant le Conseil d'État. Présenté sous forme d'ordonnances, qui feront l'objet d'un débat de ratification express début octobre au Parlement, ce redécoupage doit entrer en vigueur aux prochaines législatives en 2012. 

En Midi-Pyrénées : quatre départements concernés

Hautes-Pyrénées. Les Hautes-Pyrénées perdent un député. Le département en compte actuellement trois : Pierre Forgues (PS) sur la première circonscription, Chantal Robin-Rodrigo (PRG), sur la deuxième circonscription et Jean Glavany (PS), sur la troisième circonscription. Il n'y en aura plus que deux. En fait c'est un retour à la situation d'avant 88. Le grand perdant de ce redécoupage, c'est Jean Glavany. Sa circonscription disparaît. Les cantons qui la composent sont répartis sur la première et la deuxième.

Aude. Pas de changement dans le département qui conserve ses trois postes de parlementaires. Pour autant la carte électorale change géographiquement. La première circonscription (Carcassonne) actuellement détenue par Jean-CLaude Pérez (PS) va s'étendre sur l'Est en gagnant plusieurs cantons au détriment de la 2e circoncription (Narbonne et son maire Jean-Claude Bascou) qui perd une zone géographique mais qui a gagné en bassin de population, au fil des années. La 3e circonscription (Limoux) verra en revanche son embon point gonfler aux limites des Corbières. Un redécoupage qui ne drait pas modifier, à terme, la carte politique du département.

Haute-Garonne. On efface tout et on recommence : pour ajouter deux circonscriptions de plus à un département qui en compte déjà huit, la carte électorale de la Haute-Garonne a été entièrement chamboulée.

« Du charcutage » dénoncent les huit parlementaires PS du département. À l'exception de la 8e (Comminges), aucune n'a été épargnée. Les circonscriptions occupées par Monique Iborra (6e), Pierre Cohen (3e) et Patrick Lemasle (7e) ont été divisées par trois. Une circonscription a même été taillée sur mesure pour la droite à partir des quartiers toulousains les plus aisés.

Tarn. Le département passe de quatre à trois sièges. Une première circonscription va de Carmaux à Graulhet en incluant Gaillac et la majeure partie d'Albi. La circonscription Mazamet-Lavaur est élargie à deux cantons de Castres. Enfin, une dernière circonscription va réunir le reste de Castres, une partie d'Albi, la Montagne et Saint-Juéry. Bernard Carayon, député UMP s'est réjoui de cette décision approuvée par Pascal Bugis, maire UMP de Castres. En revanche, les trois députés Valax (PS), Carcenac (PS) et Folliot (ap. Nouveau Centre) avaient à l'avance dénoncé un « charcutage ». Tous trois souhaitent revenir à la situation de 1958 : Albi-Carmaux, Gaillac-Graulhet-Lavaur et Castres-Mazamet. Des recours sont envisagés.

 La Dépêche du Midi du 31 07 09

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